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Auschwitz: ne pas oublier

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Demain mardi, on soulignera les 70 ans de la libération du camp de la mort d’Auschwitz. On en parlera aux nouvelles, on présentera des documentaires.

Chacun pourra souligner cet événement marquant à sa façon. Demain, j’irai visiter le Centre commémoratif de l’holocauste de Montréal.

Devoir de mémoire

Sur le site du Centre commémoratif de l’holocauste, on apprend ceci: «Montréal a accueilli la troisième proportion de survivants de l’Holocauste en importance, après Tel-Aviv et New York. Ce qui représente environ 30 000 survivants accompagnés de leur famille. Ces survivants sont à l’origine de la création du CCHM en 1979, qui a été la première organisation canadienne commémorant l’Holocauste.»

Toute la journée de mardi, l’entrée sera gratuite pour que, justement, on soit nombreux à aller s’y recueillir.

Sur le site du centre commémoratif de Montréal, j’ai lu cette phrase qui m’a touchée: «Aujourd’hui, on estime que près de 5000 survivants vivent toujours à Montréal et beaucoup d’entre eux soutiennent le Centre dans sa mission en livrant leurs témoignages auprès des jeunes. En 2014, les survivants, qui étaient des enfants ou de très jeunes adultes pendant l’Holocauste, ont partagé leur histoire avec près de 300 groupes, rejoignant plus de 11 000 personnes.»

Au Québec, notre devise est «Je me souviens». Et si demain on se souvenait tous de ce qui est arrivé le 27 janvier 1945?

Le centre commémoratif de l’holocauste présentera sur place des vidéos de témoignages de survivants parlant de la libération. Mais, plus important, ces vidéos seront diffusées sur YouTube, Facebook et Twitter.

Peut-être que demain, au lieu de s’échanger une vidéo de chat qui joue du piano et une pub sexy de hamburger pour le Super Bowl, de nombreux adeptes des médias sociaux prendront le temps de se recueillir et de regarder ces vidéos, pour se rappeler l’horreur de ce qu’il s’est passé à Aus­chwitz.

Plus jamais la Shoah

Il y a deux ans, j’ai fait un voyage en Israël. À Jérusalem, j’ai visité le musée de l’holocauste Yad Vashem et son mémorial aux milliers d’enfants victimes de la Shoah. Un million cinq cent mille toutes petites victimes.

Ce mémorial est situé sur une petite colline. Il est l’œuvre de l’architecte montréalais Moshe Sahdie, celui qui nous a donné, entre autres, Habitat 67.

C’est un mémorial tout simple, mais qui vous donne un immense coup au cœur. Dans une pièce très sombre brillent des dizaines de chandelles. Une voix récite un par un le nom, l’âge et le pays d’origine des enfants décédés. C’est la visite la plus profondément bouleversante que j’aie faite de ma vie.

Sur les murs, des photos de petits visages nous rappellent l’innocence et la beauté de ces victimes tombées entre les griffes de la barbarie.

Mon guide israélien m’a raconté qu’il n’était pas capable d’emmener ses propres enfants visiter le mémorial. Parce qu’il n’était pas capable de les exposer à toutes ces horreurs. Comment expliquer à ses fils qu’un million et demi d’enfants ont été tués uniquement parce qu’ils étaient juifs, comme eux?

Je ne sais pas, en effet, comment expliquer ça à de jeunes enfants. Mais je sais que des musées comme Yad Vashem à Jérusalem ou le CCH de Montréal sont des lieux de mémoire essentiels.