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Québec envisagerait d'inciter les médecins à déléguer certains services

Gaétan Barrette
SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC

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QUÉBEC – Non seulement le ministre de la Santé songe à retirer certains actes aux médecins omnipraticiens, comme le PAP test, mais Gaétan Barrette pourrait aussi instaurer des mesures pour les décourager de pratiquer certains traitements pouvant être réalisés par des infirmières, pour beaucoup moins cher.

QUÉBEC – Non seulement le ministre de la Santé songe à retirer certains actes aux médecins omnipraticiens, comme le PAP test, mais Gaétan Barrette pourrait aussi instaurer des mesures pour les décourager de pratiquer certains traitements pouvant être réalisés par des infirmières, pour beaucoup moins cher.

C’est ce qu’a appris TVA Nouvelles, dimanche.

«Il arrive que certains services soient posés par des gens qui sont surqualifiés et à un moment donné, il y a des ajustements qui doivent être faits. Évidemment, c'est très critiqué, mais c'est ça qu'il faut faire», a dit Gaétan Barrette.

Les médecins sont payés à l'acte. Le ministre veut les forcer à déléguer et à partager les compétences avec les autres professions. Ceux qui s'entêteraient à offrir des services qui pourraient plutôt être administrés par des infirmières seraient pénalisés.

L'idée d'une modulation ou d'un tarif dégressif ferait son chemin au gouvernement.

«Certains actes pour lesquels la fréquence ou la pertinence ne sont pas spécifiquement reconnues pourraient être payés moins cher, selon la clientèle», a expliqué une source gouvernementale.

Autrement dit, plus un médecin pratiquera des actes considérés banals ou trop fréquents, comme des examens annuels chez des patients reconnus pour leur bonne condition médicale par exemple, moins il serait payé.

Le pari du ministère de la Santé serait qu’une diminution de rémunération pourrait obliger les médecins à se concentrer sur les clientèles vulnérables ou alors sur d'autres services plus payants, lui permettant aussi de voir davantage de patients.

D'après Gaétan Barrette, les pharmaciens également pourraient partager certaines compétences.

«Est-ce qu'on a besoin d'un médecin pour avoir un vaccin comme la grippe? La réponse est non, a-t-il affirmé. Allez en vacances partout ailleurs en Amérique du Nord, incluant le Canada, et vous allez pouvoir avoir le vaccin pour la grippe à la pharmacie. Pourquoi on n'a pas ça au Québec? Ça fait partie des choses que l'on regarde actuellement.»

Le gouvernement écarterait toutefois l'idée d'imposer des amendes aux médecins qui refuseraient de déléguer des actes, comme c'est le cas à certains endroits aux États-Unis. Le ministre a dit qu'il ne voulait pas punir les médecins, mais plutôt les encourager fortement à modifier leurs habitudes.