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Suicide à Longueuil: la détresse chez les aînés

CHSLD
Photo d’archives

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La question du suicide chez les personnes âgées est revenue au centre de l'actualité après qu'une dame de 81 ans s'est jetée, samedi, du neuvième étage de sa résidence pour aînés à Longueuil.

La question du suicide chez les personnes âgées est revenue au centre de l'actualité après qu'une dame de 81 ans s'est jetée, samedi, du neuvième étage de sa résidence pour aînés à Longueuil.

L'événement bouleverse Pauline Bégin et Bertrand Bordeleau, un couple de sexagénaires de Longueuil.

«Ça m'arrache le cœur. Je ne peux pas croire qu'on finit une vie comme ça», déplore M. Bordeleau.

Près de 150 personnes âgées s'enlèvent la vie annuellement. Pourquoi? Elles se sentent seules à cause de la maladie et elles sont malheureuses.

C'est un problème dont on parle peu, mais qui fait des victimes parmi les plus vulnérables.

Il y a encore beaucoup de questions sans réponses concernant le tragique événement.

En après-midi, les propriétaires de la résidence Jazz à Longueuil composent le 911, parce qu'une octogénaire semble agitée. Les policiers arrivent sur place, mais affirment que la situation aurait évolué trop rapidement. Finalement, ils n'ont rien pu faire. La Sûreté du Québec enquête par souci de transparence.

«Est-ce que la personne était complètement seule au monde? Ma mère habite dans cette résidence depuis un an. Elle a côtoyé des gens. Elle aurait pu rester dans son appartement et ne voir personne non plus», affirme Diane Decelles, la fille d'une locataire.

Mettre fin au tabou

Cet événement ramène l'importance d'aborder la question du suicide chez les aînés.

«On croit que c'est un long fleuve tranquille, le vieillissement. Il y a beaucoup de situations. Le veuvage, c'est le premier. Les déménagements, c'est le second. Les maladies longues et douloureuses, c'est le troisième», mentionne Louis Plamondon de l'Association des personnes retraitées du Québec.

Certains choisissent de se tourner vers la religion.

«Nos enfants ou les gens qu'on aime ne peuvent pas être tout le temps avec nous. C'est une souffrance. Alors, on essaie de compenser surtout dans les maisons d'hébergement, par des activités et par le spirituel», explique Mgr Raymond Poisson.

Madame Bégin et monsieur Bordeleau, eux, se comptent bien chanceux.

«On aimerait ça vivre jusqu'à 100 ans encore ensemble, mais ce n'est pas nous qui décidons».