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La victoire du Concorde

Le Concorde de Québec
Photo d'archives Le nouveau propriétaire ne comprenait pas pourquoi la Ville de Québec s'acharnait sur lui en lui refusant un droit acquis, un règlement qui ne visait que l'hôtel Le Concorde.

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Enfin, le dossier du Concorde de Québec semble réglé.  Je dis bien "semble" puisque dans ce dossier là, il y a eu plus de rebondissements que tout ce qu'on aurait pu imaginer.  

La Ville de Québec et le nouveau propriétaire de l'hôtel se sont finalement entendus vendredi sur une entente de principe.  Le maire a décidé s'assouplir sa position.  

Depuis le mois d'avril dernier, ce n'était plus la vente de l'hôtel qui causait problème, mais plutôt le règlement municipal modifié au printemps pour protéger la vocation hôtelière de l'édifice.  

La Ville interdisait à Jean-Guy Sylvain d'avoir une partie résidentielle de type condo-hôtel même si après avoir tout tenté, il ne réussissait pas à rentabiliser l'établissement.  

Le nouveau propriétaire ne comprenait pas pourquoi la Ville de Québec s'acharnait sur lui en lui refusant un droit acquis, un règlement qui ne visait que l'hôtel Le Concorde.  

M. Sylvain avait envoyé une mise en demeure à l'administration Labeaume, lui reprochant d'avoir changé les règles à la dernière minute avec un règlement qu'il jugeait discriminatoire, abusif et illégal, mais le maire ne voulait pas entendre raison dans le dossier.

J'ignore ce qui a fait changer d'idée le maire de Québec qui refuse pour l'instant de commenter le dossier, mais de toute évidence, ses sentiments ont changé envers Jean-Guy Sylvain.

Je dois avouer que dans ce dossier là, Jean-Guy Sylvain a bien joué ses cartes.  

D'abord, il n'a jamais osé dénigrer publiquement le maire de Québec comme l'a fait Eddy Savoie.  Il contestait le règlement mais il avait quand même de bons mots pour Régis Labeaume avec qui il souhaitait s'entendre.  

Pour convaincre le maire de ses bonnes intentions, il a rouvert rapidement l'hôtel, a investi des millions de dollars pour le retaper, a réglé avec le syndicat des employés, et a donné ses restaurants en sous-traitance au Groupe Resto-Plaisir qui avait déjà une solide réputation à Québec.  

Aussi, à chaque fois qu'il accordait une entrevue, il répétait en toute simplicité mais sur un ton déterminé que son souhait était de continuer à exploiter un hôtel à 100% et qu'il croyait être rentable d'ici 3 ans.  

Il ajoutait sur un ton qui inspirait la pitié que si malgré tous ses efforts, il n'y parvenait pas, il souhaitait avoir la possibilité d'ajouter une portion résidentielle plutôt que de tout perdre.  Il a ainsi réussi à gagner la bataille de l'opinion publique.  

Jean-Guy Sylvain et ses partenaires réussiront-ils là où le Loews a échoué?  C'est l'avenir qui nous le dira.  Pour l'instant, il est clair que le restaurant tournant au sommet de l'hôtel exploité par le groupe Resto-Plaisir a retrouvé ses lettres de noblesse avec une popularité qui ne se dément pas.  

Le Concorde prend également au sérieux tous les commentaires qu'on retrouve sur les sites comme TripAdvisor avec des réponses personnalisées et honnêtes. On poursuit également les investissements pour rénover les chambres plus désuètes, c'est déjà un bon début pour cet hôtel mythique de Québec.