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Plus de jeunes sur l’aide sociale

Le piètre état du marché de l’emploi au Québec semble être la cause première

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Photo fotolia Plus de 24 000 jeunes Québécois de moins de 25 ans bénéficiaient de l’aide sociale en novembre 2014.

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Le nombre de jeunes de moins de 25 ans bénéficiaires de l’aide sociale a fait un bond marqué de 14,4 % depuis un an, selon un rapport gouvernemental.

Pour plusieurs, ce sont les ratés de l’économie québécoise qui poussent les jeunes vers l’aide sociale. François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, blâme directement le piètre état du marché de l’emploi au Québec.

«C’est assez fortement corrélé. Comme la création d’emploi a été faible, ça peut expliquer cette fluctuation», a-t-il admis, lundi, en marge du caucus présessionnel du Parti libé­ral, à l’Assemblée nationale.

2014, une mauvaise année

M.Blais a concédé que «2014 n’a pas été une bonne année» et que «pour l’emploi, c’est assez décevant», mais il se dit peu inquiet. «L’évolution du nombre d’assistés sociaux en général est liée à la création d’emploi», a-t-il justifié. Une bonne année pourrait ainsi effacer l’ardoise.

Du côté du Collectif pour un Québec sans pauvreté, on retient aussi la thèse du marché de l’emploi en déroute pour expliquer cette hausse soudaine des jeunes de moins de 25 ans bénéficiaires de l’aide sociale: ils étaient 24 315 en novembre 2014.

«Quand l’économie va mal, ce sont les jeunes qui perdent leur job en premier», dit Martin Michaud, responsable des communications du Collectif.

Assurance emploi

Cette hausse de jeunes prestataires pourrait aussi s’expliquer en partie par les coupes du gouvernement Harper dans le programme d’assurance emploi. «Ça a directement un lien avec l’assurance chômage. Si les jeunes n’y ont plus droit, ou si les prestations se terminent, et qu’ils ne se sont pas trouvé un nouvel emploi, ils vont aller sur l’aide sociale», affirme M. Michaud.

Ce dernier estime qu’il faut rester positif et que la situation est temporaire. Si les jeunes sont les premiers à perdre leur emploi, «ils sont aussi les premiers à être embauchés».

«Il ne faut pas y voir une vague de fond. Si c’est le cas, personne ne l’a vue venir», ajoute M. Michaud.

Les jeunes âgés de moins de 25 ans au programme d’aide sociale représentent 11,5 % de l’ensemble des adultes prestataires. Près du quart d’entre eux «présentent des contraintes temporaires à l’emploi», apprend-on dans les dernières données de l’aide sociale.

Globalement, le nombre de prestataires est en diminution depuis le début des années 2000.


 

Moins d’immigrants bénéficiaires

Alors que les jeunes sont plus nombreux à bénéficier de l’aide sociale, la quantité d’immigrants prestataires a chuté de près de 4,5 % depuis un an.

Selon les données les plus récentes, on compte 53 555 adultes nés hors du Canada bénéficiant du régime d’aide sociale, soit 2450 personnes de moins que l’an dernier.

Leur proportion «parmi l’ensemble des adultes prestataires du programme» se situe à 25,4 %. Près des trois quarts de ces prestataires sont au pays depuis plus de cinq ans.

Plus d’adultes sans contraintes

Au total, il y a maintenant 138 200 adultes prestataires sans contrain­tes au travail: une augmentation de 4,5 % depuis un an.

«C’est généralement une évolution statistique semblable à l’emploi. C’est cohérent avec la situation de l’emploi plus difficile en 2014», affir­me David McKeown, responsable des relations avec les médias du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

«Quand on regarde les perspectives d’emplois prévues par Emploi-Québec, elles demeurent positives puisque la population vieillit. Ça devrait reprendre le chemin de l’amélioration. On l’espère», a-t-il ajouté.

Le nombre de prestataires avec des contraintes temporaires a pourtant diminué de 6,4 %.


 

Quelques données

  • Le nombre de jeunes de moins de 25 ans prestataires du programme d’aide sociale a augmenté de 14,4 % en un an. 
  • Celui des adultes nés hors du Canada a diminué de 4,4 %.
  • Les femmes ont moins recours à l’aide sociale que les hommes. Le ministère note ainsi que depuis quelques années «le nombre de femmes est toujours moins élevé que le nombre d’hommes».
  • Entre novembre 2013 et novembre 2014, on constate une diminution du nombre de femmes prestataires, «contrairement au nombre d’hommes, qui a augmenté.»
  • En novembre 2014, on dénombre 442 000 prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours. L’aide moyenne versée est de 745,75 $ par ménage et le coût mensuel pour l’État est de 237,5 millions $.
  • Au total, 210 500 Québécois bénéficient du programme d’aide sociale.