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Décore ta vie

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La légendaire bonne humeur des contribuables québécois, toujours rasés de près par le fisc, est encore mise à l’épreuve: des fonctionnaires s’offrent des portes françaises pour donner de la gueule à leur univers! Bof, vous me direz que ce ne sont que quelques milliers de dollars de plus dans le Saint-Laurent du déficit. Ça ne vaut même pas la peine d’en parler.

Pourtant il faut en parler. Pour apprécier correctement la variété des valeurs en vogue de nos jours. Le je-m’en-foutisme est en cause ici et son message est simple: les compressions, ici, c’est non merci! Ici, c’est décore ta vie! Sur les hauts plateaux de la hiérarchie, l’air et les gens se raréfient et les préoccupations comptables sont vaguement préoccupantes.

Commérages et rumeurs

Ça fait des semaines que François Bérubé, vice-président du Centre des services partagés du Québec, fait l’objet de commérages et de rumeurs dans les officines.

Les portes françaises ont fait sourciller la faune parlementaire, mais l’aménagement d’une salle de conditionnement physique a déplu royalement. Dépendant du Conseil du trésor, le CSPQ a admis que cette «idée», fondée sur la «qualité de vie», n’a pas été retenue. On devine pourquoi. S’il avait été possible de garder tout ça secret, M. Bérubé et ses pairs pédaleraient ce matin sur des vélos stationnaires. Il n’y a sans doute rien de plus réconfortant que de suer pour oublier le déficit des opérations...

Laxisme notoire

Au CSPQ, le laxisme est notoire et documenté, mais la joie de vivre est intacte et nos aristocrates se sont dotés d'un endroit à leur mesure dont les portes à carreaux vitrés expriment leur raffinement en les montrant unis, réunis, affairés dans leur paperasse.

Dommage que, devant ce genre d’initiatives, on ne puisse sévir qu’avec la dérision. Parce qu’au fond, c’est d’une profonde tristesse. On sait que les compressions ratent parfois la cible. Le Capharnaüm des Services Patentés du Québec a accueilli au fil des ans plusieurs réfugiés politiques dont les compétences technologiques étaient facultatives. Sa mission a peut-être été altérée par la présence de ces intouchables.

Pendant ce temps, dans les centres d’accueil, on meurt oublié, parfois dans son assiette. Et on y trouve moins souvent des portes françaises qu’une vue sur l’incinérateur...

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