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Échec d’une gauche radicale

Tsipras signs papers appointing him as Greece's first leftist prime minister at the presidential palace in Athens
PHOTO REUTERS

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Alors que les Grecs se félicitent d’avoir élu un président, Alexis Tsipras, qui a troqué ses convictions communistes pour un populisme de gauche, et son parti, Syriza, qui veut mettre fin à l’austérité avec de l’argent qu’il n’a pas, le Venezuela, l’autre grande expérience populiste-socialiste en Occident, est au bord de la faillite.

On en parle peu de ce Venezuela, pourtant près de nous, où les Québécois allaient se faire dorer la couenne, il n’y a pas si longtemps. Un pays transformé par Hugo Chavez en laboratoire du socialisme, version 21e siècle, sous le regard envieux de la gauche québécoise.

Le pays le plus riche...

Disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde, le Venezuela est, sur papier, le pays le plus riche sur la planète. De 1999 à 2013, Chavez a utilisé les pétrodollars pour soulager et instruire les masses de son pays, s’assurant leur indéfectible soutien. En même temps, il ne ratait pas une occasion d’accuser les États-Unis, les banques et l’entreprise privée de tous les maux de la terre, bafouant au passage les institutions démocratiques de son pays et la liberté de la presse.

Chavez fréquentait Fidel Castro et les dirigeants iraniens. Il se fendait d’admiration pour la Corée du Nord, voyant même des similitudes idéologiques entre les deux pays.

Après 14 ans de révolution chavezienne, 32 % de la population vivait toujours sous le seuil de la pauvreté. Mais la popularité du presidente éclipsait tous les maux: un des taux de criminalité les plus élevés au monde, une corruption débridée, des violations répétées des droits de l’homme, la fuite des capitaux et des cerveaux – un million de Vénézuéliens ont quitté le pays en 15 ans.

Après sa mort, son successeur désigné, Nicolas Maduro, un ancien chauffeur d’autobus avec une éducation de niveau secondaire, a remporté les élections avec 50,61 % des votes seulement. Mais il a continué dans le sillon tracé par Hugo Chavez.

... Et le plus pauvre

Malgré ses richesses pétrolières inouïes, le Venezuela arrive bon premier au Global Misery Index, l’index de la misère dans le monde.

Frappé de plein fouet par une inflation atteignant 65 % et de graves pénuries de biens de première nécessité, le peuple est descendu dans la rue l’an dernier pour protester contre les politiques du gouvernement. La répression contre ceux que le président appelait les «fascistes» fut brutale.

Un an plus tard, avec la chute du prix du pétrole, le pays est au bord de la faillite. Tant que le brut se vendait 100 $ le baril, le Venezuela arrivait à payer ses comptes. Aujourd’hui, le président Maduro est réduit à invoquer Dieu pour rassurer ses concitoyens, ce qu’il a fait la semaine dernière.

Face à ce gâchis, difficile d’accueillir avec enthousiasme l’élection d’un parti issu de la gauche radicale où que ce soit dans le monde. Mais on ne peut que souhaiter le succès à Syriza, car si les politiques anti-austérité ramènent la prospérité en Grèce, cela voudra dire que le père Noël existe.

Qui s’en plaindrait?

 

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