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Les « bavures » de la commission Charbonneau

Louis Demers
Photo Courtoisie Louis Demers, avocat

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«Mandat démesuré», «cafouillages embarrassants», «résultats médiocres»: l’avocat Louis Demers, grand défenseur de Tony Accurso, dresse un portrait au vitriol des travaux de la commission Charbonneau.

«Mandat démesuré», «cafouillages embarrassants», «résultats médiocres»: l’avocat Louis Demers, grand défenseur de Tony Accurso, dresse un portrait au vitriol des travaux de la commission Charbonneau.

Dans son livre Dérives de la commission Charbonneau, Me Louis Demers, qui a longtemps représenté l’entrepreneur Tony Accurso dans ses litiges au civil, porte un regard noir sur l’enquête publique qui a braqué les projecteurs pendant plus de trois ans sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction ainsi que le financement illégal de certains partis politiques.

Il déplore notamment ses «énormes pouvoirs», «sa durée excessive» et les «victimes collatérales qu’elle a semées sur son passage».

L’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay a d’ailleurs lourdement fait les frais d’un témoignage «abracadabrant» et «non corroboré» ayant injustement entraîné sa chute, estime Me Demers. D’après l’avocat, le fait d’avoir laissé l’ex-organisateur politique Martin Dumont raconter sans aucune vérification que le maire Tremblay tenait une «double comptabilité» a été l'une des plus grosses «bavures».

«À partir du moment où la Commission n’a aucune corroboration, elle ne devrait pas permettre un témoignage», a expliqué l’auteur en entrevue avec Le Journal.

Trop de pouvoirs

Si Me Demers concède que la commission d’enquête sur l’octroi des contrats publics a fait «des choses utiles», elle s’est toutefois dotée de beaucoup trop de prérogatives.

«Quand on s’accorde des pouvoirs aussi importants, ça nécessite extrêmement de prudence», dit-il, affirmant que bien des avocats ont été «outrés» des procédures de la commission.

Dans cet ouvrage, Louis Demers dénonce avec virulence les pratiques de cette enquête publique, et demeure convaincu que «c’est la dernière fois que ça se passe comme ça».

Il souhaite que la Loi sur les commissions d’enquête publiques soit amendée afin de permettre aux avocats des personnes visées par les allégations d’un témoin de contre-interroger ce dernier.

Dérives de la commission Charbonneau de Louis Demers, à paraître aujourd’hui aux éditions Liber.