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Taxer les compagnies assises sur l’or?

Taxer les compagnies assises sur l’or?
Photo Archives / Agence QMI

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Selon un document publié hier par l’IRIS, environ 600 milliards en liquidités dormiraient dans des comptes de banque de grandes sociétés canadiennes. Au Québec seulement, on parlerait d’environ 112 milliards. Ces sommes colossales dorment au lieu d’être réinvesties dans l’économie.

Prudence exagérée

Les dirigeants d’entreprises vous diront que cela fait partie d’une stratégie de gestion prudente. David Heinhorn, grand gestionnaire de fonds spéculatifs, disait qu’une compagnie n’a jamais trop d’argent liquide.

Même si cette attitude est de plus en plus répandue dans le milieu des affaires, ceux qui ont l’économie canadienne à coeur sont d’un tout autre avis.

Déjà en 2012, le président de la Banque du Canada sortait de sa réserve pour remettre les chefs d’entreprise à l’ordre. Selon Mark Carney, cet argent dormant devrait plutôt servir à créer des emplois et à créer de la croissance.

Tristement, la mentalité de bas de laine est renforcée par les agences de cotation, dont la réputation a été écorchée pendant la crise financière. Elles préfèrent maintenant que les entreprises accumulent l’argent liquide, ce qui réduit leur risque d’insolvabilité. Une pratique coûteuse puisqu’elle nous coûte des investissements et des emplois.

Taxer plus ?

Selon l’IRIS, l’empilage de liquidités prouve qu’on pourrait taxer davantage les entreprises. L’étude souligne que les taxes sur leurs profits ont diminué ces dernières années. Les compagnies ont réagi en empilant plus d’argent.

Une solution facile pour que les entreprises investissent serait de revenir en arrière et de les taxer davantage! On pourrait par exemple imposer une taxe sur les réserves excessives de liquidités.

L’idée est intéressante et a déjà été proposée aux États-Unis. Si les entreprises sont trop pessimistes et ne veulent pas investir leur argent, rien ne nous empêche de le taxer et de l’utiliser pour le bénéfice de tous.

Les gouvernements pourraient utiliser ces revenus fiscaux pour mettre en place des programmes de subventions à l’investissement. Ou tout simplement pour investir dans l’économie, par exemple en infrastructures.

Les grandes entreprises, elles, recommenceraient à investir pour éviter de payer la taxe. D’un côté ou de l’autre, les contribuables en sortiraient gagnants.

Effets pervers

Les entreprises utilisent souvent leur argent comptant pour financer de gros projets d’investissements plutôt que de s’endetter ou d’émettre de nouvelles actions. Faire fondre leurs réserves, c’est aussi limiter leur capacité d’action lorsque l’économie reprendra du mieux.

Elles pourraient aussi réagir à de nouvelles hausses de taxes en faisant fondre leurs comptes de banque, sans toutefois réinvestir. Une méthode serait de verser de gros dividendes qui, une fois retournés aux actionnaires, ne seraient pas nécessairement disponibles pour créer des emplois.

L’argent des Américains !

L’IRIS note finalement que beaucoup d’entreprises qui accumulent des montagnes de liquidités sont des filiales de multinationales américaines installées au Canada.

C’est un détail important, puisque ces filiales gardent leur argent bien au chaud ici pour éviter de payer l’impôt américain, plus élevé.

Wal-Mart et Apple font partie des entreprises qui laissent leur argent dormir chez nous. Si nous augmentions leurs impôts, ces filiales auraient plus intérêt à renvoyer leur argent aux États-Unis. Difficile de voir où nous y gagnerions.

 
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