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CA_Patrick-DésyMathieu Turbide

Un beaujolais qui sort de l'ordinaire

La cuvée Quintessence 2005 du Château de Vaurenard
Photo Le Journal

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On aime bien comparer les barolos et les bourgognes rouges. Les deux proviennent d’appellation relativement petite et les deux sont issus d’un seul cépage (nebbiolo pour l’un, pinot noir pour l’autre), deux cépages capricieux qui donnent rarement de beaux résultats en dehors de leur zone de production d’origine.

Dans les deux appellations on a aussi identifié une grande quantité de crus (de climats, dit-on en Bourgogne), sans compter que tous les deux sont naturellement parés d’une robe peu colorée, plutôt légère donc, et qu’ils ont en vieillissant une parenté aromatique certaine, ce qui fait que même les palais les plus pointus arrivent à les confondre (bien qu’en bouche, il est vrai, les barolos ont une acidité et des tannins beaucoup plus marqués).

Par ailleurs, on sait tous que le gamay à son meilleur «pinotte», comme on dit, qu’il prend des airs de pinot noir.

De la même façon, oserais-je dire, le nebbiolo à son meilleur, en dehors de ces grandes appellations que sont le Barolo et le Barbaresco, peut aussi très bien «baroler» ou «barbarescoler», si je peux me permettre d’utiliser ces mots.

Alors ? Alors si le barolo et le pinot noir de Bourgogne ont des signes de ressemblance, et que le gamay en a aussi avec le pinot noir dans certaines circonstances, j’ose avancer, pour le plaisir de la discussion, que le gamay et le nebbiolo en ont peut-être aussi.

Complètement sauté ?  Mais continuons.

 

Hors-normes

 

C’est en goûtant l’autre jour la cuvée Quintessence 2005 du Château de Vaurenard que la chose m’a frappé.

J’ai été complètement dépeigné par le fait que, «mais ciel, ce gamay sent et goûte le nebbiolo, ou je rêve» ?

Car j’y trouvais ces épices douces, ces arômes de petits fruits légèrement macérés et épicés, donc, que donne le vieillissement dans des grands foudres de châtaignier, comme c’est le cas traditionnellement dans le Piémont.

Faut dire que ce beaujolais, complètement atypique, qui a presque dix ans d’âge, a été élevé de son côté six ans en foudre de chêne.

D’où sans doute le rapprochement avec le nebbiolo, à mon nez et à mon palais.

Rapprochement sans doute un peu farfelu, je l’avoue aussi, mais n’empêche ! Si vous aimez le nebbiolo du Piémont, faites l’expérience de goûter ce beaujolais, vous verrez !

Surtout qu’à ce prix (26,50 $) c’est quand même une sacrée bonne affaire pour un vin qui, comme je le disais, aura bientôt 10 ans d’âge.

Le Château de Vaurenard travaille en culture raisonnée et ce vin a été vinifié en grappes entières, et  a fait l’objet d’une longue macération de cinq semaines.

Le vin ne titre pour notre grand bonheur que 12,5% d’alcool. Il est digeste, savoureux, et ses saveurs évoquent un peu la fraise.

  • Quintessence 2005, Beaujolais, Château de Vaurenard, 12,56%, Prix 26,50 $ Code 12100017 ***+ (16,5 /20)

 

Un autre beaujolais

 

Je signale que la même maison produit aussi un excellent Beaujolais sous le nom de Cuvée Baron de Richemont.

Le 2010, présentement disponible, est d’une grande pureté d’expression. Le paysage est net, avec un indice très élevé de «buvabilité» (je sais, le mot n’est pas très joli, mais il exprime bien ce qu’il veut dire).

Frais, avec quand même des tannins bien présents et un bon goût de cerises, c’est du beaujolais sérieux et authentique.

Il a été élevé deux ans dans le même type de foudres que la cuvée Quintessence, après une macération de quatre semaines.

  • √ Beaujolais Cuvée Baron de Richemont, Château de Vaurenard, 12,5%, Prix 21,35 $ Code 12100050 *** (16/20)