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Les citoyens de Lac-Mégantic plus dépressifs

Lac Megantic, train, accident
Photo d'archives

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SHERBROOKE | Un an et demi après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, la population est encore très affectée au niveau psychologique, révèle une nouvelle étude dévoilée mercredi.

Selon cette étude, pas moins de 50 % des gens de la MRC du Granit qui ont été exposés à la tragédie ont souffert de symptômes dépressifs depuis 12 mois, contre 23 % pour les gens qui n’ont pas été touchés par le drame qui a fait 47 victimes en juillet 2013.

Les gens qui ont été exposés de près ont aussi une consommation excessive d’alcool quatre fois plus grande que ceux qui ne l’ont pas été.

L’enquête démontre aussi plus de symptômes anxieux et une consommation plus grande de médicaments tels les sédatifs et les tranquillisants chez la population de la MRC du Granit qu’ailleurs en Estrie.

Les répercussions risquent de se faire ressentir encore à moyen et long terme, selon une enquête menée par la chercheuse Danielle Maltais auprès de 800 adultes de Lac-Mégantic et de la MRC du Granit et de 8740 adultes de l’Estrie.

«Certains indicateurs nous démontrent que notre communauté se relève, mais dans l’ensemble, les résultats renforcent notre certitude que les ressources doivent continuer d’être disponibles pour les citoyens», a indiqué la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche.

Guérison difficile

Ce qui distingue les sinistrés de Lac-Mégantic des sinistrés de l’inondation au Saguenay et du verglas, c’est le fait que ce drame soit attribuable à une négligence humaine. «Il est plus difficile de se sentir mieux lorsqu’on vit de la colère contre quelqu’un ou contre une compagnie», a déclaré la chercheuse Danielle Maltais.

Résilience

Les résidents de Lac-Mégantic démontrent un niveau élevé de résilience et un fort sentiment d’appartenance à la communauté, comme en fait foi la présence de nombreux bénévoles et travailleurs de soutien qui se sont impliqués à la suite de la tragédie. «On a remarqué aussi que les sinistrés ont amplement utilisé les services médicaux et psychosociaux mis à leur disposition. Les effets négatifs sur les sinistrés peuvent durer encore des semaines, des mois et même des années. On souhaite que, malgré les coupes gouvernementales, les services sociaux et psychosociaux en place soient maintenus», a conclu Mme Maltais.