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Des études payantes

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Contrairement à une idée répandue, les études en sciences humaines peuvent valoir leur pesant d’or.

Plusieurs ont fait leur choix de carrière en poursuivant des études universitaires. À leur immense désarroi, le fruit de leurs entrailles n’a pas choisi un programme en médecine ou en génie. Pire: il a choisi la philosophie, la sociologie, l’économie ou la géographie. Catastrophe!

Vraiment? Au grand étonnement de plusieurs, il y a pire que des études universitaires en humanités. Il y a «pas d’études universitaires du tout».

Peu importe la discipline, les études universitaires s’avèrent toujours payantes à long terme. Même en sciences humaines. Certes, un diplôme en science politique, en architecture ou en histoire rend le début de carrière plus incertain et plus précaire qu’un diplôme technique en génie des matériaux ou en médecine nucléaire.

Leaders

Mais sur le long terme, toutes les recherches démontrent que ces diplômés finissent par s’en tirer – en moyenne, car il y a toujours des exceptions – en général beaucoup mieux que des diplômés collégiaux ou professionnels.

Après avoir analysé des millions de CV dont il dispose dans ses bases de données, le fournisseur de solutions en emploi Workopolis en est venu à la conclusion que les diplômés en sciences sociales sont à 68 % plus susceptibles de devenir des leaders dans leur milieu et d’occuper des postes de haute responsabilité. Et d’obtenir de meilleurs salaires, par le fait même.

Cela confirme une autre étude, de l’Université York, celle-là, qui indique que ces diplômés grimpent plus rapidement dans la hiérarchie et atteignent des niveaux plus élevés que des diplômés en administration, gestion ou génie!

Après plusieurs années de carrière, l’écart salarial atteint en moyenne 15 % en faveur des diplômés en sciences humaines.

Comment expliquer ce phénomène? Les employeurs n’embauchent pas des diplômes, mais des personnes. Des personnes qui présentent des expériences de travail différentes, des disponibilités différentes et des aptitudes différentes (et qui ne s’apprennent pas à l’école). Le diplôme obtenu n’est qu’une des composantes de leur analyse.

Ainsi, les compétences développées dans l’obtention d’un diplôme universitaire, autant que la matière apprise, comptent: apprendre à comprendre, à analyser, acquérir des méthodes de travail poussées, développer sa créativité, etc.

Surqualifiés ?

Bref, les diplômés en humanités ont tendance à sous-estimer les compétences pour lesquelles les employeurs les ont embauchés. D’où leur impression de surqualification. Un diplômé en psycho ou en socio ne deviendra pas nécessairement un psychologue ou un sociologue. Mais les connaissances acquises dans ces disciplines seront hautement prisées dans le domaine des ressources humaines, par exemple.


Salaire moyen à la mi-carrière au Canada en 2002

  • Diplômé en sciences humaines: 78 000 $
  • Diplômé en administration: 69 000 $

Source: Université York

Emploi d’entrée plus fréquent pour un diplômé en:
 
Histoire
  • Assistant administratif
  • Représentant aux ventes
  • Enseignant
Philosophie
  • Représentant service à la clientèle
  • Enseignant d’anglais
  • Gestionnaire de compte
Science politique
  • Chercheur
  • Directeur de compte
  • Enseignant
Sociologie
  • Assistant en ressources humaines
  • Représentant
  • Assistant administratif
Salaire moyen à l’entrée diplômés sciences humaines: 43 000 $

Salaire moyen des travailleurs au Québec: 48 000 $

Salaire moyen à l’entrée de tous les diplômés: 42 000 $