/misc
Navigation

Encore les médecins!

Gaetan Barrette, sante
Photo d'Archives

Coup d'oeil sur cet article

Une autre semaine sous le signe des chicaneries entre l’ineffable Gaétan Barrette, ministre de la santé et ses collègues et désormais ennemis, les médecins spécialistes et les omnipraticiens.

Je ne dois pas être la seule à être irritée par les doléances et les arguments mous des pleureuses qui représentent les deux fédérations, les docteurs Diane Francoeur et Louis Godin. De même que par les pubs de propagande fort coûteuses des médecins spécialistes. Cela apparaît un peu indécent dans le contexte, non? Bien sûr que les manières intempestives et cavalières du ministre froissent ces messieurs dames habitués à plus de componction. Et qu’elles ne sont pas souhaitables dans un environnement civilisé. Mais nous n’en sommes plus là. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux est un immense paquebot qui dérive depuis de nombreuses années et il était grand temps de lui faire changer de cap. Cela ne peut arriver sans heurt. Et il faut avoir le front du Dr. Barrette pour oser pareille manœuvre. Même si certains questionnent ses raisons de le faire.

Le salaire des médecins grève près de 7 milliards du budget du Québec. Et il est pour le moins étonnant qu’aucun gouvernement depuis des décennies ne se soit demandé si nous pouvions nous les payer ces médecins. Considérant en outre que la population n’a pas vu augmenter l’accessibilité à un médecin de famille depuis 2007. Qu’il s’agit donc d’un problème récurrent. Pour employer une expression populaire, y a du monde qui a dormi au gaz !  Et des politiciens qui ont mis plusieurs paires de gants blancs face au puissant lobby médical.

Le Québec doit vivre selon ses moyens ne cesse de répéter le caporal Coiteux. Mantra que ce gouvernement utilise ad nauseam chaque fois qu’il fait ses coupures. Surtout lorsqu’il s’agit d’ajouter des mesures plus coercitives à l’aide sociale comme c’était le cas cette semaine. Tout cela pour aboutir à des économies de bouts de chandelles considérant le trop payé à des médecins de certaines fameuses cliniques de médecine familiale qui ne respectent pas les contrats qu’elles ont signés. Faut-il rappeler que ces professionnels de la santé bénéficient d’un salaire moyen de près de 200,000$ par année. Il fallait voir un reportage la semaine dernière dans lequel une médecin pour le moins dépenaillée en apparence et faisant partie d’une des cliniques de médecine familiale visée disait sans plus de gène qu’elle pleurait à la fin de ses journées de travail tant elle était accablée par la tâche. Sérieusement, même si elle a ma compassion, cela est dérangeant. Qui veut être soigné par un médecin semblant si peu en contrôle de la situation?

Un médecin de ma connaissance me disait récemment que les omnis allaient devoir se soumettre à une exigence de performance tout à fait normale et souhaitable dans n’importe quel contexte social. Austérité ou pas. C’est une question d’éthique. Surtout lorsque nos études ont été en partie financées par l’état faut-il aussi le rappeler. Que nous sommes redevables à nos concitoyens en quelque sorte. Quand la culture de la recherche de la qualité de vie à tout prix pose un problème évident, il ne devrait pas être si difficile pour des professionnels ayant prêté serment de faire le choix de l’éthique.  C’est-à-dire faire passer la santé de leurs patients avant leur bien-être personnel. Assumer l’ampleur de leur tâche. Et respecter les quotas.

Peut-être que la justice sociale ça commence là !