/world/america
Navigation

La croisade d’un père pour que la vaccination soit obligatoire à l’école

Vaccin États-Unis
Photo MARIE-JOËLLE PARENT/LE JOURNAL La famille du petit Rhett Krawitt, 6 ans, se bat pour que la commission scolaire de leur ville en Californie, Madera, ne permette pas aux enfants non vaccinés de venir à l'école. Rhett est en rémission d'une leucémie et ne peut pas encore être vacciné, il est donc vulnérable à l'éclosion de rougeole qui sévit une peu partout aux États-Unis depuis décembre 2014.

Coup d'oeil sur cet article

NEW YORK | Inquiet de l’éclosion de cas de rougeole aux États-Unis, le père d’un garçon en rémission de la leucémie, veut que les écoles refusent l’accès aux élèves non vaccinés. Son histoire fait couler beaucoup d’encre au pays.

Rhett Krawitt a six ans. Il vient de vaincre la leucémie.

Il a subi des traitements de chimiothérapie plus de la moitié de sa jeune vie.

En rémission depuis un an, l’écolier de Madera, petite ville en banlieue de San Francisco, ne peut pas encore être vacciné. Son système immunitaire doit d’abord reprendre des forces.

Rhett compte donc sur l’immunité collective pour le protéger des maladies.

Vaccin États-Unis
Vaccin États-Unis
PHOTO MARIE-JOËLLE PARENT/LE JOURNAL

Or, une éclosion de cas de rougeole sévit en Californie depuis décembre et dans une dizaine d’autres États. Près de 95 cas ont été confirmés.

L’an dernier, 644 cas ont été répertoriés dans 27 États, de loin le plus grand nombre depuis 2000, selon le CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

Encore plus inquiétant, Rhett habite dans une région de la baie de San Francisco, Marin County, où un nombre anormalement élevé de parents refusent de vacciner leurs enfants pour des raisons personnelles.

Il y a quelques années, une étude qui établissait un lien entre l’autisme et les vaccins a été démentie, mais il semble que certains parents continuent d'avoir des craintes.

Vaccin États-Unis
Vaccin États-Unis
PHOTO MARIE-JOËLLE PARENT/LE JOURNAL

Moitié pas vaccinés

Environ 7% des élèves de l’école de Rhett ne sont pas vaccinés. Dans d’autres écoles de son comté, au moins la moitié des étudiants ne sont pas vaccinés, rapporte le New York Times.

Cependant, pour éliminer une maladie aussi facilement transmissible que la rougeole, le taux de couverture vaccinale de la population doit atteindre 95 %.

N’en fallait pas plus pour affoler son père, Carl Krawitt. Il a demandé à la commission scolaire d’interdire l’accès à l’école à tous les élèves non vaccinés.

Sa requête a fait boule de neige et s’est retrouvée dans tous les grands médias américains jeudi.

«Mon fils vient de vaincre la leucémie. Il a traversé l’enfer. Si des parents ne vaccinent pas leurs enfants à cause de leurs croyances, mais qu'ils donnent la rougeole à mon fils, c’est grave. C’est troublant parce que c’est un choix personnel qui affecte toute une communauté. La plupart du temps, les parents ne sont pas assez éduqués sur les risques de la rougeole versus le risque du vaccin. Ce n’est pas un choix rationnel et pourtant ils continuent de ne pas vouloir faire vacciner leur enfant», dit Carl Krawitt.

Vaccin États-Unis
Vaccin États-Unis
PHOTO MARIE-JOËLLE PARENT/LE JOURNAL

«L’école où va Rhett coopère. Ils se sont assurés que tous les élèves dans sa classe soient vaccinés, mais c’est une maladie transmissible par l’air, on peut l’attraper à la cafétéria, dans l’autobus, au parc, partout», ajoute-t-il.

Une école de la Californie a interdit cette semaine à 70 écoliers qui n’étaient pas immunisés de se présenter à l’école pour les 14 prochains jours, rapporte le Los Angeles Times.

Depuis janvier 2014, la Californie demande un papier signé par un médecin plutôt qu’une simple lettre de parent pour qu’un enfant soit exempté de la vaccination.


Au Québec, la dernière épidémie de rougeole remonte à 2011 et a entraîné une grande campagne de vaccination dans les écoles primaires et secondaires. Sur les 2 860 écoles du Québec, 27 % ont atteint une proportion de 95% d’élèves considérés comme protégés contre la rougeole, en date du 31 août 2012, comparativement à 12 % au 15 novembre 2011.

(source ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec)