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Vivre le rêve nomade en vélo

Chronique Oxygene
Photo Courtoisie En octobre 2013, la famille passe près de Bishop en Californie, un paradis de l’escalade pour les deux grimpeurs. En mortaise, la famille se fait photographier après une montée de 20 km à 8 % dans le parc national Glacier, au Montana.

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Partir. Tout vendre, tout quitter et partir faire le tour du monde, en famille, en vélo. Partir, puis revenir. François-Xavier, Cécile et la jeune Emma sont rentrés au pays.

Partir. Tout vendre, tout quitter et partir faire le tour du monde, en famille, en vélo. Partir, puis revenir. François-Xavier, Cécile et la jeune Emma sont rentrés au pays.

Moins de 36 heures plus tôt, ils étaient au chaud, à Panama. Au bout de la route transaméricaine, au bouchon de Darién, juste avant la Colombie, s’est conclu leur périple.

Les voilà dans un café de leur quartier d’adoption, prêts à relater leur expérience toute fraîche, un peu sonnés par le froid cinglant et leur retour récent.

«On n’est pas des aventuriers», partage François-Xavier.

«On n’est pas des cyclistes», avait confié plus tôt Cécile.

En mai 2013, le couple, deux mordus de plein air, et leur fillette d’alors 6 ans ont pourtant tout quitté en vue de faire le tour du monde pendant trois ans en vélo.

«L’aventure est partout et accessible... donc l’aventure n’est plus là. Tout le monde peut faire ça», croit le père de famille.

Le tour du monde en vélo?

«On pensait partir en véhicule récréatif. On l’avait même acheté... et on a détesté!» m’explique la mère.

«Le vélo c’était pour se déplacer à vitesse humaine, pour vivre à vitesse humaine. Et ça facilite les rencontres, en plus de n’être vraiment pas cher», résume François-Xavier.

La vie avant le vélo

Près d’un an et demi plus tard, ils reviennent au pays, 15 000 kilomètres à leur odomètre, sans même avoir franchi l’Atlantique.

«On a zigzagué.»

De vrais nomades pas pressés d’arriver. Arriver où, au juste?

Leur intention: se recentrer vers le moment présent.

Des fois, le moment présent, ça peut être long selon les routes, surtout quand on est une petite fille de 6 ans.

«On jouait au jeu des trois mots. Emma adore inventer des histoires», raconte sa mère.

La fillette a d’ailleurs le nez plongé dans un livre. Et on devine des histoires plein la tête de son aventure des 17 derniers mois.

Dans ses sacoches de vélo, son petit monde: un livre français et un livre de mathématiques pour les deux heures d’école quotidiennes, quelques jouets dont une robe de princesse, des jeux de cartes, des poupées, des petits casse-têtes, des billes...

Autour, le monde. Et tous les «amis»!

«Emma rencontrait des “amis” partout. Au parc, chez les gens chez qui on logeait, au camping...» partage sa mère.

«Nous-mêmes, on rencontrait des gens grâce à Emma! Tout le monde la trouvait bonne, tout le monde voulait nous aider», ajoute le père.

À vélo, ils ont pu tout voir, tout vivre, apprivoisant le paysage changeant graduellement, coup de pédale après coup de pédale. Leurs photos sont magnifiques. Mais plus que des images splendides, ce sont les rencontres avec les gens qui ont le plus marqué leur périple.

Un moment magique

 

Chronique Oxygene
Photo Courtoisie

Cette dame qui leur a prêté sa maison tout un week-end, et qui a amené Emma voir le dernier Disney. Cet homme – un ancien champion de vélo de montagne, qu’ils apprendront – qui s’est arrêté sur son chemin pour les inviter chez lui («je saurais honoré de vous recevoir») et qui leur a fait vivre un moment magique sur leurs deux roues en ralliant tout un club de jeunes à leur côté.

Dix-sept mois denses d’expériences enrichissantes et de rencontres humaines. L’école de la vie à son plus fort pour la jeune fille.

«Emma a aussi appris à quitter les gens», dit sa mère. Des adieux quotidiens, alors que leur route continue.

La famille ici

Ils sont rentrés au pays dans la nuit de dimanche. On se rencontre mardi.

«On s’est toujours dit que si le plaisir n’était plus au rendez-vous, on allait s’arrêter.»

Ils se sont arrêtés. Les Andes leur promettaient tout un défi et Emma était fatiguée. «Il y a des jours où elle se plantait les pieds au sol: et “aujourd’hui, je ne bouge pu”. Elle avait besoin de rester dans la chambre ou la tente et de se poser», partage Cécile.

Et vous, c’était la même chose?

«Nous? Non! On serait allé visiter encore, et encore», dit la mère en riant.

Pour le moment, la famille se concentre à construire ici. Elle loge pour l’instant chez des amis, et tout est à bâtir. Mais on sent qu’elle déploiera ses ailes de nouveau.

«Ce qu’on a appris, c’est qu’on ne peut jamais prévoir ce qui va se passer. Mais on sait qu’il va toujours se passer quelque chose d’extraordinaire», résume François-Xavier.

 


 
 
L’aventure en chiffres
 
17 mois en nomade
8 pays traversés, du Canada au Panama
15 000 km parcourus
125 000 mètres d’ascensions cumulés
Moins de 50 % des jours en selle: la vie avant le vélo!
63 km de vélo par jour, en moyenne
4 h 30 en selle par jour, en moyenne 
 
Conférences rêve nomade
 
La famille de Rêve Nomade partagera son expérience à deux conférences MEC:
MEC Montréal, ce vendredi 30 janvier de 18 h à 20 h 30
MEC Longueuil, le jeudi 5 février de 18 h à 20 h 30
 
Autres familles à suivre
 
10 pieds sur terre 
Deux parents, trois enfants, le monde. Guillaume, Isabelle, Béatrice (9 ans), Norah (7 ans) et Laurent (4 ans) sont partis de la maison à l’automne dernier, et les voici aujourd’hui près de San Diego. 
Enfants à Bord
Le projet? Traverser les 3 Amériques. La famille? Deux parents et un bambin dans la remorque. 
 
Janvier 2015 au Panama: égoportrait de François-Xavier, Emma et Cécile juste avant leur retour au pays.
Photo Courtoisie
Janvier 2015 au Panama: égoportrait de François-Xavier, Emma et Cécile juste avant leur retour au pays.