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Weil souhaite faire taire l’imam

Weil
Photo Agence QMI / Archives Kathleen Weil.

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L’imam controversé qui souhaite ouvrir un centre communautaire islamique à Montréal tient un discours «dangereux» et devrait être interdit de prêche, estime la ministre de l’Immigration Kathleen Weil.

Les enseignements rigoristes d’Hamza Chaoui rejettent la démocratie et soutiennent que les femmes doivent avoir un tuteur, par exemple.

«C’est dangereux. [Ces propos] sont dangereux», a lancé Mme Weil jeudi midi en sortant d’une commission parlementaire. Elle a ajouté que son «souhait» est qu’il n’y ait aucune «place, mosquée, centre communautaire» où ce genre de valeur puisse être communiqué.

Or le Centre Ashabeb, où M. Chaoui enseignera, doit ouvrir ses portes en février dans l’est de Montréal, rapporte le quotidien La Presse.

«Cette doctrine est totalement inacceptable dans une société démocratique, dans une société de droit où on prône l’égalité entre les hommes et les femmes», a expliqué Mme Weil. L’ancienne ministre de la Justice juge que la liberté d’expression «a des limites» qui ne doivent pas être franchies.

Visiblement courroucée, elle estime que le discours intégriste de l’imam Chaoui, qui a étudié le génie électrique à l’Université Laval, «ne véhicule ni plus ni moins que l’oppression des femmes.» Elle a ajouté que c’était «une déformation de nos valeurs.»

L’intégrisme, un choix personnel

La réaction de la ministre Weil semble détonner avec le discours prudent du premier ministre Philippe Couillard, qui estime que «l’intégrisme, tant qu’il n’enfreint pas les droits des autres, bien sûr fait partie des choix personnels de chacun.»

Mme Weil se range derrière son chef et estime que, contrairement à M. Chaoui, un intégriste peut vivre en harmonie dans la société québécoise s’il vit «en isolation.» Tant qu’il ne propage pas ses valeurs et qu’il n’empiète pas sur les droits des autres, un intégriste peut vivre «de façon très rigoureuse selon ses propres pensées.»

Mme Weil a toutefois une «grande préoccupation» : comment trouver le moyen de protéger les «enfants et les femmes» pour qu’ils puissent «s’épanouir et ne soient pas affectés» par les choix personnels d’un intégriste.

Coderre analyse la situation

Le maire Denis Coderre réfute lui aussi «ce qui a été dit par rapport à la démocratie, par rapport à sa position sur l'homosexualité et qu'on est tous des mécréants».

Le numéro un de la Ville de Montréal assure que son administration analyse la situation. Réal Ménard, maire de l'arrondissement, se penche sur le dossier, a-t-il insisté. 

«Est-ce qu'il y a déjà eu un permis d'émis? On ne parle pas de mosquée ici, on parle d'un centre communautaire, qu'est-ce que ça veut dire?», a-t-il fait valoir, de passage à Québec jeudi.

Les propos de l'imam Chaoui seront également examinés. «Est-ce qu'il a un propos radical qui peut amener des débordements et est-ce que ce n'est pas de mettre de l'huile sur le feu justement. On va tout analyser ça, tout en étant factuel», insiste-t-il.

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie