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Lorsqu’une seule photo change la vie d’une communauté

Programme HONY
Pour chronique de Francis Vachon
Photo courtoisie, facebook/HONY Lorsque le photographe Brandon Stanton, l’homme derrière le projet Humans of New York, a demandé au jeune Vidal Chastanet, qui vit dans un des quartiers les plus violents de New York, qui était la personne ayant le plus d’influence positive dans sa vie, il a cité la directrice de son école, «Madame Lopez».

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Brandon Stanton, c’est l’homme derrière Humans of New York (HONY), le projet photographique le plus «tripatif» que j’ai eu l’occasion de voir. Le mois passé, une de ses photos, toute simple en apparence, a attiré l’attention du monde entier et est en train de changer la vie de centaines de personnes.

Douze millions d’internautes sont abonnés à la page Facebook de HONY. Son livre a été numéro un de la liste des ouvrages à succès du New York Times. Plusieurs fois par semaine, Brandon publie sur le Facebook de HONY le portrait d’un New-Yorkais rencontré par hasard.

Ce qui rend le projet si spécial, c’est le petit texte qui accompagne chaque photo. Grâce à la conversation qu’il a avec ses sujets, Brandon réussit toujours à aller chercher quelque chose de très personnel; une citation, un état d’âme ou une anecdote parfois comique ou parfois même tragique. Brandon nous démontre tous les jours que derrière chaque humain anonyme d’une mégalopole se cache une histoire digne d’être racontée.

Récemment, les abonnées Facebook de HONY sont tombées sous le charme de Vidal Chastanet, un jeune enfant noir d’un des quartiers les plus violents de New York. À la question «Quelle est la personne ayant le plus d’influence positive dans ta vie?», il répond, à la surprise de tous, «ma directrice d’école, Madame Lopez». Et il explique: «Lorsqu’un de nous fait une bêtise, elle ne nous met pas en suspension. Elle nous fait venir dans son bureau et nous explique que chaque fois qu’un jeune décroche de l’école, une nouvelle cellule de prison est construite. Une fois, elle a fait lever chaque étudiant un par un pour leur dire, individuellement, qu’ils étaient importants».

Madame Lopez
Programme HONY
Pour chronique de Francis Vachon
Photo courtoisie, facebook/HONY

Des gens dévoués

Tant de maturité dans sa réponse et tant de reconnaissance envers une personne en autorité sur lui ont poussé Brandon, sous la pression de ses lecteurs, à visiter le Mott Hall Bridges Academy. Plutôt que de réaliser des portraits de rencontre fortuite, il allait pour une journée ou deux réaliser des portraits de la directrice, madame Lopez, du personnel enseignant, et d’autres jeunes étudiants.

On y découvre des gens dévoués à aider ces jeunes qui ne peuvent même pas faire leur récréation à l’extérieur tellement le quartier de Brownsville est violent et dangereux. On comprend à quel point les efforts sont grands pour faire une différence dans cette communauté qui, de la bouche même de madame Lopez, «n’attend pas grand-chose de ces enfants».

Grâce à un site web de financement social, HONY et ses lecteurs décident d’aider l’école. Dans l’esprit de sa directrice qui se dévoue à mettre dans la tête de ses enfants que tout est possible pour eux, il est décidé que le fond servira à organiser un voyage annuel pour la classe de sixième année. Destination: l’Université Harvard.

Comme ces jeunes ne sont pour la plupart jamais sortis de la Grosse Pomme, elle veut étendre leur horizon et leur faire voir tout leur potentiel en leur montrant que même eux peuvent rêver de fréquenter l’une des universités les plus réputées de la terre.

L’avenir d’une communauté

Le projet a été tellement populaire que plus d’un million de dollars ont été amassés. Le montant dépasse tellement les attentes qu’il a été décidé que seul le premier 350 000 $ serait dédié au projet initial. Le reste de l’argent sera utilisé pour financer un camp de jour durant l’été et la création d’une bourse d’études pour aider les jeunes qui voudront poursuivre leur rêve. Cette bourse spéciale a été appelée, en l’honneur du jeune sans qui tout cela serait arrivé, la Vidal Scholarship Fund. Le premier récipiendaire a déjà été choisi: Vidal lui-même.

Une communauté entière peut enfin voir l’avenir avec un peu d’espoir parce qu’un jour, un enfant a dit à un inconnu trimbalant un appareil photo que sa directrice d’école était une femme formidable.

www.facebook.com/humansofnewyork