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Quand le courant ne passe plus

En coulisses, on raconte que Thierry Vandal, qui a démissionné de son poste de PDG d’Hydro-Québec, n’avait plus les coudées franches avec le gouvernement Couillard.
photo d’archives, jean-françois desgagnés En coulisses, on raconte que Thierry Vandal, qui a démissionné de son poste de PDG d’Hydro-Québec, n’avait plus les coudées franches avec le gouvernement Couillard.

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La démission-surprise du PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, arrive à un moment où le capital de sympathie des Québécois envers la société d’État n’a jamais été aussi bas. Le prochain capitaine du navire devra d’ailleurs ramer fort, très fort, pour renverser la tendance.

En coulisses, on raconte que le PDG n’avait plus les coudées franches avec le gouvernement Couillard. Le dossier des compteurs intelligents était devenu une source de friction presque quotidienne. En clair, le courant ne passait plus et les jours de Thierry Vandal à la tête d’Hydro-Québec étaient comptés.

Le départ de Thierry Vandal ne fera pleurer personne, lui qui touchait un salaire de base de 452 000 $ ainsi que des primes annuelles au rendement de plus de 113 000 $.

Il serait toutefois surprenant que le PDG parte en mai prochain sans toucher une indemnité de départ. Dans son cas, on peut penser qu’il touchera l’équivalent d’une année de salaire de base, soit 450 000 $.

Il faut dire que les nombreux dossiers controversés impliquant tantôt Hydro-Québec avec ses clients, tantôt avec ses fournisseurs, n’ont sûrement pas aidé à améliorer les relations déjà très tendues au sein de la haute direction de la société d’État.

Que ce soit pour l’achat à fort prix d’électricité à des producteurs privés, le déploiement raté des nouveaux compteurs intelligents ou encore la possible fabrication de pylônes à l’étranger, la coupe était pleine.

Les commandes

Thierry Vandal est surtout l’homme chez Hydro-Québec connu pour avoir «docilement» répondu aux commandes du gouvernement du Québec, actionnaire unique de la société d’État au cours des dernières années.

Récemment, Hydro-Québec reconnaissait publiquement d’ailleurs que les achats d’énergie éolienne imposés par le gouvernement exerçaient une pression à la hausse de 2 % sur ses coûts d’approvisionnement en électricité au Québec.

Reste que Thierry Vandal en avait sans doute assez de ces basses manœuvres politiques obligeant la société d’État à répondre à un illogisme économique ridicule. Tout cela au détriment des clients de la société d’État.

Car pendant que les surplus énergétiques continuent à s’accumuler à un rythme gênant dans les coffres de la société d’État, la facture d’électricité des Québécois n’a jamais cessé d’augmenter.

L’an dernier, les tarifs d’Hydro-Québec ont explosé de 4,3 %. Cette année, Hydro-Québec demande une hausse de 3,9 %.

Achats coûteux

Cette année, Hydro-Québec va d’ailleurs acheter plus de 800 millions $ d’électricité dont elle n’a pas besoin à des producteurs privés. Pensez-y!

La société d’État prévoit acheter 6,6 térawattheures (TWh) d’électricité à un coût unitaire moyen de 10,72 cents du kilowattheure. Un térawattheure peut alimenter 50 000 maisons.

Ces achats d’électricité à des producteurs privés qui possèdent des parcs éoliens, des petites centrales hydro-électriques et des centrales biomasse lui coûteront 650 millions $.

À cela, il faut également ajouter une somme de 150 millions $ qu’Hydro-Québec versera à TransCanada Énergie pour garder fermée la centrale au gaz naturel de Bécancour.

En 2015, 2016 et 2017, Hydro-Québec devra gérer des surplus annuels estimés à plus de 16 TWh. D’ici 2027, les surplus estimés sont de 169 TWh pour une valeur totale de 17 milliards $.

Hydro-Québec a tellement d’électricité disponible qu’elle ne sait plus quoi en faire. On souhaite d’ailleurs bonne chance au prochain PDG. Il en aura grandement besoin.

  • 10,7 cents prix moyen du kilowattheure acheté à des producteurs privés en 2015
  • 8,3 cents prix moyen du kilowattheure vendu aux clients résidentiels
  • 4,4 cents prix moyen du kilowattheure vendu aux États-Unis
  • 17 milliards $ valeur estimée des surplus d’électricité d’Hydro-Québec d’ici 2027