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Un album surprenant

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Getty Images/AFP

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Il en a coulé, de l’eau sous les ponts, depuis Antichrist Superstar et le temps où la droite chrétienne l’avait pris pour cible, l’accusant de perversion morale, voire d’être personnellement responsable d’événements tragiques comme la tuerie de Columbine.

Marilyn Manson (3.5/5)
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Photo Courtoisie

Depuis les années 70 aux États-Unis, tant dans le cinéma, la littérature, le théâtre et le rock, on observe une nette tendance à la création de personnages qui font irruption dans la vie publique, provoquant, bousculant, reculant les limites de ce qui est tolérable. On peut penser à Lenny Bruce pour le stand-up, Charles Bukowski, sans qui la série télévisée Shameless est inimaginable, et, finalement, Alice Cooper pour avoir introduit de façon durable le burlesque dans le rock.

Mais The Pale Emperor ne choquera pas. Ni par la musique ni par les textes. Il ne contient aucun excès. Ce sera donc selon. Musicalement, c’est un projet en duo réalisé conjointement par Manson et Tyler Bates, multi-instrumentiste jouant des guitares, des claviers, de la basse et faisant la programmation. Ce dernier est aussi réalisateur de films d’horreur et de séries B. Un batteur, à l’occasion un solo de piano, ainsi que des saxophones ténor et baryton complètent l’instrumentation. Bref, c’est un album de studio, sans cesse remanié et recalibré, avec une attention toute particulière apportée à l’interprétation vocale. Tout le reste n’est qu’un exercice de soutien. Plusieurs croiront déceler un mélange de grunge, d’industriel et de blues. Un peu à la manière de Nirvana, NIN, The Doors (Cupid Carries a Gun). D’autres verront le même genre de facture que celle de Mark Lanegan, mais avec une tessiture de ténor, cuivrée et chaleureuse. Les thèmes, par contre, sont récurrents: la soumission, la torture, les dépendances, la violence, les fantasmes sexuels et les passages à vide, le tout livré avec du recul et une certaine dérision (Mephistopheles of Los Angeles). Comme Alice Cooper, qui s’est reconverti en golfeur émérite, le grand écran semble l’avoir forcé à socialiser et à s’intégrer à d’autres sous-cultures. Les nostalgiques de la première heure risquent d’avoir des réserves, voire d’être déçus. Quant à ceux qui évoluent bien avec le temps et le changement, ils risquent d’être agréablement surpris. Au-delà des attentes.


Fall Out Boy (3.5/5)

 

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Photo Courtoisie

American Beauty/American Psycho, Island

Dans la veine du précédent, Save Rock and Roll, paru en 2013. Sans parler de recette, mais pas loin. La teigne vocale de Patrick Stump, la griffe de Pete Wentz pour les refrains accrocheurs et les enjolivures de Joe Stroehman y sont, huilées à l’émotion par la batterie et les boucles du batteur Andy Hurley. Ce qui fait plutôt sourire ou éviter la somnolence, ce sont les effets sonores, les clins d’œil (Tom’s Diner dans Centuries ou Pulp Fiction dans Uma Thurman) ou carrément des arrangements inattendus de fanfare, pour cuivres et chœurs, comme dans Twin Skeletons. Un peu comme des raccords au cinéma pour soutenir l’intrigue. Bien foutu, comme l’écriture. Jouant à être à tu et à toi, soufflant le chaud et froid, entre colère, culpabilité et nostalgie (Favorite Record).

Another Day Another Time (4/5)

 

Beaushesne Disques - WE - 31 janvier 2015
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Photo Courtoisie

Celebrating the Music of Inside LLewyn Davis, Nonesuch

Ce concert a fait l’objet d’une parution en version DVD de luxe, mi-documentaire, mi-concert, l’an dernier, avec la version intégrale du film. Douze mois plus tard, cette version sur deux CD, avec 34 chansons, une direction musicale signée T Bone Burnett, des invités de marque, quatre générations, dont celle des années 2000, est surreprésentée avec les Punch Brothers, Avett Brothers, Jack White, Milk Carton Kids, etc., avec pour parrainage Elvis Costello, Joan Baez, Marcus Mumford et l’acteur du rôle principal, Oscar Isaac. Enregistré au mythique Town Hall, qui a vu défiler toute la scène folk des années 60, cette célébration du film, d’une époque et de sa renaissance est empreinte d’une joie palpable, tant sur la scène que dans le public. Compétence, émotions et bonne humeur,

Sarah Bourdon (3.5/5)

 

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Photo Courtoisie

Mouvement, Audiogram

Elle possède une voix juste, une diction remarquable, des intonations soul (Figure de style), un timbre nasillard quand elle affecte l’abandon ou un trémolo dans la voix. Elle n’a pas peur de régler des comptes (Ta maison), avec la superficialité des uns et des autres (Bétail), les difficultés de la petite vie et sa propre vulnérabilité (L’ouvre-boîte). Les arrangements sont remarquables pour leur mélange subtil de bonnes doses de cuivres et de cordes. On sent bien une influence de Coldplay (L’ouvre-boîte), d’Amy Winehouse et d’Adele. Un petit moins? Elle force parfois un peu trop la note ou taille approximativement certaines de ses phrases.

À découvrir.