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Chicane à Charles-Le Moyne

Trois membres du conseil claquent la porte en guise de protestation

GEN-HOPITAL-CHARLES-LEMOYNE
Photo d’archives En août dernier, le Tribunal administratif du Québec a ordonné la réintégration du Dr Éric Bergeron à l’Hôpital Charles-LeMoyne. Des différents ont ensuite mené au départ de trois membres du CA, dont le président de la Fondation, Régent L. Beaudet.

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Trois membres du conseil d’administration de l’Hôpital Charles-LeMoyne ont claqué la porte pour dénoncer la mollesse des sanctions contre des médecins à la suite de la réintégration du Dr Éric Bergeron.

Trois membres du conseil d’administration de l’Hôpital Charles-LeMoyne ont claqué la porte pour dénoncer la mollesse des sanctions contre des médecins à la suite de la réintégration du Dr Éric Bergeron.

Ces médecins auraient fait preuve de violence verbale et d’intimidation, et remis des informations erronées au conseil d’administration pour obtenir le départ du Dr Bergeron en avril 2012.

Or, dans une décision sans appel rendue le 18 août dernier, le Tribunal administratif du Québec a ordonné la réintégration de ce dernier. La décision démontrait un climat de travail malsain depuis 2009 marqué par des refus de garde, l’isolement du Dr Bergeron et d’une collègue, et des discussions parfois virulentes entre médecins.

À la suite de la décision du TAQ, un comité had hoc a été mis sur pied pour déterminer de la suite des choses. Certaines mesures ont été proposées concernant le chef du département de chirurgie, Sébastien Ratté, le chef de service, Michel Gosselin et le président du Conseil des médecins, dentistes et pharmacien, Gérard Lemay.

Régent L. Beaudet, démission
Régent L. Beaudet, démission

Ces derniers ont été impliqués dans les événements qui ont mené au départ du Dr Bergeron ainsi que du directeur des services professionnels et hospitaliers, le Dr Alphonse Montmigny. Ce dernier est le seul qui n’est plus en poste de responsabilité.

Torts à l’institution

Le conseil d’administration et le directeur de l’hôpital ont toutefois choisi de ne pas prendre de sanction. On a simplement décidé d’encadrer davantage les médecins en charge.

«Force me fut de reconnaître que nous n’avons pas la même lecture des torts faits à l’institution par ces individus grâce à un faux montage honteux», a écrit Régent L. Beaudet dans sa lettre de démission dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie.

Les deux autres démissionnaires sont Alain Deslauriers et le Dr Stéphane Tétreault.

Pour le président du CA, Marc Duclos, il faut se tourner vers l’avenir plutôt que regarder en arrière. «C’est une situation très complexe où il y a des conflits de personnalités», dit-il avant d’ajouter que tous les médecins se sont engagés à suivre un code de conduite.

Un chef de service fera du mentorat lors de la réintégration du Dr Bergeron, qui doit faire ses premières interventions chirurgicales en mars. «Si les gens ne sont pas capables de pardonner des erreurs, on n’arrivera jamais à résoudre un conflit comme celui-là.»


Quelques dates importantes

► 2009 à 2011: Plusieurs chicanes éclatent à propos des gardes et de la vocation universitaire, et deux groupes de médecins se forment.Début 2009 : Le Dr Éric Bergeron porte plainte au médecin examinateur concernant un collègue

► 2012: Le Dr Bergeron perd ses privilèges de pratique après des représentations de certains collègues au CA de l’Hôpital Charles-LeMoyne.

► 2012 à 2014: Le Dr Bergeron pratique la chirurgie en Abitibi, en Gaspésie et dans le Bas-du-Fleuve.

► Août 2014: Le Tribunal administratif du Québec casse la décision du CA et réintroduit le Dr Bergeron à Charles-LeMoyne.

► Septembre 2014: Un comité had hoc est mis en place sur les mesures à suivre relativement au jugement.

► Novembre 2014: Un différend éclate sur les interventions à prendre. Trois membres du CA démissionnent de leur poste.