/news/transports
Navigation

Des camionneurs fuient l’autoroute 30

La congestion sur le boulevard Mgr Langlois dérange les commerçants

autoroute 30 valleyfield
Photo d'archives De nombreux poids lourds choisissent de passer dans Valleyfield plutôt que sur l’autoroute 30.

Coup d'oeil sur cet article

VALLEYFIELD | Plusieurs camions fuient la nouvelle autoroute 30 pour éviter le péage, ce qui crée un important problème de circulation sur le boulevard Mgr-Langlois, à Salaberry-de-Valleyfield.

La situation n’ira pas en s’améliorant alors que le coût du péage augmente dès aujourd’hui . Les tarifs passeront à 1,85$, soit 13$ pour un poids lourd de sept essieux. La hausse des tarifs atteints 60% depuis l’ouverture de l’A-30 en 2012.

«Parcourir une distance qui prend normalement cinq minutes peut prendre entre 20 et 30 minutes. Récemment, j’ai compté 38 poids lourds qui entraient dans Valleyfield. Je n’ai pas hâte de voir l’état du boulevard cet été. La chaussée va être maganée. Qui va payer pour la réparer? Ça va coûter cher», mentionne Normand Bourget, un citoyen de Salaberry-de-Valleyfield.

Les camionneurs sont plus nombreux à emprunter Mgr-Langlois, qui est aussi une route provinciale. Selon la municipalité, ils évitent ainsi le poste de péage et du même coup la balance du contrôle routier.

« Parcourir une distance qui prend normalement
5 minutes peut prendre entre 20 et 30 minutes »
–  Normand Bourget

Ça nuit aux commerçants

«On le savait, que la nouvelle 30 allait nous faire mal. C’est maintenant plus facile pour les clients d’aller dans de plus grands centres commerciaux à Vaudreuil ou au Dix30, mais jamais on n’avait imaginé un tel trafic sur Mgr-Langlois», soutient le propriétaire du Canadian Tire de Salaberry-de-Valleyfield, Michel Choinière.

Ce dernier note que les commerces sur Mgr Langlois ne représentent plus une destination de choix entre 15 h et 17 h. «Plusieurs avaient l’habitude de venir magasiner en sortant du travail, mais c’est de moins en moins le cas en raison de la circulation.»

Sophie Derome, propriétaire de Tout un nettoyeur, et Dan Lajeunesse, gérant général du Tim Horton, deux commerces situés sur Mgr-Langlois, abondent dans le même sens.

«C’est épouvantable! J’ai perdu 5 % à 10 % de mes clients depuis l’ouverture de la 30. Sûrement que le trafic sur Mgr-Langlois y est pour quelque chose. Il est facile d’entrer dans mon commerce, mais pas d’en ressortir», explique Mme Derome.

 

Michel Choinière, commerçant
Photo d'archives
Michel Choinière, commerçant

Dangereux

Les problèmes de sécurité inquiètent également les commerçants. M. Choinière remarque que plusieurs camionneurs ne s’arrêtent pas aux lumières jaunes et il craint un accident. M. Lajeunesse déplore les camionneurs qui se garent au bord du chemin, notamment devant son commerce, et qui cachent la vue aux autres automobilistes.

«Quelqu’un va finir par se faire tuer. On a voulu interdire les camions sur Mgr- Langlois, mais on ne peut pas, c’est une route nationale. On a aussi fait des suggestions aux camionneurs, dont celle de rouler sur une seule voie, mais sans succès», soutient M. Choinière.

La Ville de Salaberry-de-Valleyfield a tenu une rencontre publique sur le sujet. Le ministère des Transports du Québec (MTQ), la Sûreté du Québec et des contrôleurs routiers y ont notamment pris part. «Le MTQ étudie actuellement le dossier. On devrait avoir des nouvelles d’ici quelques mois. Jamais la Ville et le MTQ n’avaient envisagé que l’ouverture de la 30 créerait un tel achalandage», affirme Pierre Chevrier, le directeur général de Salaberry-de-Valleyfield.


La 30 attire plusieurs nouvelles entreprises

VALLEYFIELD | Depuis l’inauguration de l’autoroute 30, il y a eu 745 M$ d’investissement dans le secteur industriel de Valleyfield.

L’année 2013 a d’ailleurs constitué une année record pour l’émission de permis de construire et d’agrandissements, et ce, pour tous les secteurs de construction, indi­que Marie-Claude Côté, conseillère en développement à Salaberry-de-Valleyfield.

Le secteur industriel a connu une augmentation de 96 % du nombre de permis (passant de 28 en 2012 à 55 en 2013) et une valeur des investissements totalisant 27,2 millions $. «Il s’agit du meilleur résultat, autant en nombre de permis qu’en valeur des investissements, depuis 2001.» En 2012, avant le prolongement de la 30, ces investissements totalisaient 4 M$.

La compagnie ferroviaire américaine CSX est d’ailleurs l’une des nouvelles entreprises à s’être installée à Salaberry-de-Valleyfield avec sa gare intermodale. On parle d’un investissement de 117 M$.

«L’arrivée de la nouvelle autoroute 30 a beaucoup influé sur les principaux nouveaux projets industriels, fait remarquer Mme Côté, que ce soit pour le secteur résidentiel, commercial, industriel et institutionnel.»

Mario Besner, le directeur du développement économique de Salaberry-de-Valleyfield, précise que plusieurs entreprises loca­les profitent aussi du prolongement de la 30 pour prendre de l’expansion et faire des affaires d’or. Il cite en exemple la compagnie Savoie électrique, une entreprise qui bénéficie de contrats de sous-traitance de CSX. On parle ici de plusieurs millions de dollars.

«Ils sont plusieurs à avoir des contrats de sous-traitance. On a des entreprises qui profitent de ce boom pour prendre de l’expansion ou se relocaliser. Avec la nouvelle 30, Salaberry-de-Valleyfield se désenclave, elle se connecte à toutes les routes», souligne M. Besner, qui se souvient des temps durs qu’a connus la Ville à la suite de la fermeture de Goodyear, au début des années 2000.