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Quels écoquartiers?

Quebec
Photo d'archives Sébastien Leboeuf, promoteur

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Les écoquartiers devaient devenir le nouveau visage de Québec, attirer des promoteurs étrangers et propulser la ville au sommet des villes vertes au pays. On nous promet un nouveau concept d’ici l’été, mais il reste que depuis six ans, l’étoile de ces projets n’a cessé de pâlir.

C’était en septembre 2009. Le maire Régis Labeaume annon­çait en grande pompe la construction prochaine de deux écoquartiers de 3300 logements dans D’Estimauville et à la Pointe-aux-Lièvres.

Pour l’écoquartier D’Estimauville, afin de marquer — disait-on — l’importance du nouveau secteur, on souhaitait l’érection d’une tour de 33 étages le long du fleuve. On parlait alors du plus haut bâtiment de la région (il n’était pas question d’une tour de plus de 50 étages à l’époque).

On nous promettait aussi un milliard de dollars d’investissement, dont la presque totalité serait venue du privé.

Un seul promoteur étranger a finalement répondu à l’appel d’offres, soit la firme suisse Vaestas, dont le maire avait rencontré le dirigeant lors d’une mission à Montreux, en 2010. Les rênes du dossier ont finalement été confiées à Sébastien Lebœuf (photo), promoteur que la Ville a finalement largué pour Pointe-aux-Lièvres, et qui s’est désisté pour D’Estimauville. Depuis, il a fait de nombreuses fois les manchettes à cause de ses déboires finan­ciers.

Les terrains ont été décontaminés grâce à la participation du gouvernement du Québec. Mais sauf pour les critiques de l’opposition, qui qualifient le dossier de flop, on n’entend plus parler des écoquartiers depuis des mois.

À venir

Vérifications faites, à la suite du retrait de Lebœuf, la Ville de Québec a revu tout le concept des écoquartiers, me dit Julie Lemieux, vice-présidente du comité exécutif. Elle assure que ça avance et que ça bougera d’ici l’été. On est aussi en train d’attacher des projets qui seront bientôt annoncés pour Pointe-aux-Lièvres.

Pour D’Estimauville, on a formé cet automne un comité multidisciplinaire et on a consulté les citoyens par rapport à leurs attentes. On a notamment fait appel à Vivre en ville, à qui on a accordé un contrat de 25 000 $.

L’organisme, qui s’y connaît très bien en la matière, a élaboré une charte ou un modèle d’écoquartiers adapté au Québec. Ses représentants ont donc donné différents conseils, dont celui de mieux encadrer le projet en conservant sa mise en œuvre.

On a aussi recommandé de ne plus compter sur un seul promoteur pour les futurs appels d’offres. Certes, un tel modèle à un seul promoteur s’est avéré un succès dans le cas de la Cité verte. Mais il reste que les risques d’échec sont plus importants, car on se retrouve en quelque sorte à la merci de ce seul promoteur.

En confiant le projet petit bout par petit bout, à différents promoteurs, la Ville s’assurerait par conséquent de disperser les risques, mais aussi de garder le contrôle sur l’ensemble de l’œuvre, notamment sur la qualité énergétique du projet. Il sera intéressant de voir ce qu’a décidé la Ville et combien d’argent aura été dépensé pour voir et revoir le concept de ces projets.

Projet à surveiller

Il faudra par ailleurs garder à l’œil le projet immobilier de Michel Dallaire, à qui les Sœurs de la Charité ont cédé leur immense terrain de Beauport.

Le tout se situant dans le secteur avoisinant le futur écoquartier D’Estimauville, il serait dommage que l’offre et la demande pour l’écoquartier s’en trouvent diluées. Dans cette optique, le projet de la Fondation Dallaire semble prématuré.

Si D’Estimauville s’avère aussi important que semble le croire la Ville, il faudrait à tout le moins le prioriser pour le protéger et assurer ainsi, une fois pour toutes, son succès.