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Les princes saoudiens : un amalgame d' hypocrisie et de barbarie

Les princes saoudiens : un amalgame d' hypocrisie et de barbarie
Photo Brendan Smiakowski / AFP

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Les princes saoudiens qui exercent conjointement avec les intégristes religieux un pouvoir absolu sur l’Arabie saoudite ont fait preuve d’une hypocrisie sans limites en participant à la marche à Paris à la suite des attentats contre Charlie Hebdo. Ils viennent d’en remettre en dénonçant le groupe terroriste «État islamiste» qui a  brûlé vif un pilote d’avion jordanien.

Comment qualifier autrement leur attitude puisqu’ils posent eux-mêmes des gestes de barbarie en appliquant avec zèle les prescriptions de la charia, ce code de loi inhumain qui ramène ceux qui l’imposent au rang des pires barbares?

Comment est-ce possible de compatir avec les victimes de Charlie Hebdo et le lendemain fouetter à 50 reprises Raif Badawi? Comment est-ce possible de pleurer sur le sort du pilote jordanien alors que Raif Badawi sera fouetté de nouveau vendredi?

Comment ces  princes  hypocrites ont-ils pu se joindre à Paris aux milliers de personnes qui dénonçaient les attaques contre la liberté de presse, alors qu’il n’y en a aucune dans leur royaume?

La réponse à ces questions est pourtant simple : les barbares n’ont que faire des valeurs humaines et démocratiques.

Si on peut comprendre leur comportement indigne, dépourvu de toute considération humanitaire, il demeure qu’il est bien plus difficile de comprendre les dirigeants de nos démocraties qui s’acoquinent avec ces dictateurs.

Nos dirigeants ont tous honoré Nelson Mandela qui a combattu l’apartheid contre les Noirs, mais fréquentent ceux qui maintiennent un apartheid contre les femmes!

Nos dirigeants votent de sévères lois contre les terroristes, mais multiplient les échanges commerciaux avec ceux qui ont longtemps financé les fanatiques islamistes et qui le font peut-être encore. Nos dirigeants devraient lire le New York Times qui publie aujourd’hui un important article sur le financement de la tragédie du 11 septembre 2001 qui soulève de sérieuses questions sur la participation de l’Arabie saoudite à ces attentats.

Certains de nos dirigeants plaident qu’il faut maintenir des liens avec les dirigeants saoudiens afin de pouvoir éventuellement les convaincre des valeurs de la démocratie. Ces mêmes dirigeants devraient se souvenir que plusieurs avaient adopté la même attitude face à Hitler avec les résultats que l’on connaît.

Si on doit donc dénoncer l’hypocrisie et la barbarie des princes saoudiens, on ne doit surtout pas accepter le comportement complaisant et honteux de nos dirigeants.