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Bâillon pour le projet de loi 10: seulement la première étape

Gaétan Barrette
Photo Simon Clark / Journal de Québec Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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L’adoption sous bâillon du projet de loi 10 n’est qu’une première étape de la réforme en santé du ministre Gaétan Barrette, qui veut ensuite que le projet de loi 20 soit adopté d’ici juin.

Alors que les élus de l’Assemblée nationale sont réunis exceptionnellement en séance extraordinaire, le ministre Barrette a réitéré ce matin l’importance de pouvoir mettre en application, dès le 1er avril, le projet de loi 10 visant l’abolition des agences régionales.

Pour le Dr Barrette, après le projet de loi 10, qui se veut «la structure» de la réforme en santé, le projet de loi 20 sur l’amélioration des services suivra dans un deuxième temps.

«Le projet de loi 20, c’est crucial, et je vise à ce qu’il soit adopté cette session parlementaire-ci, donc d’ici le mois de juin», a signalé le ministre de la Santé, qui espère bien ne pas avoir à recourir une fois de plus au bâillon pour atteindre son objectif.

Le projet de loi 20, a-t-il souligné, est «beaucoup plus simple et moins volumineux» que le projet de loi 10.

«Mais je ne suis pas seul autour de la table, a rappelé le ministre Barrette. [...] L’obstruction [du Parti québécois] fait en sorte qu’on ne peut pas passer au projet de loi 20, ni au financement à l’activité et on n’avance pas, alors, c’est pour ça qu’on fait ça [le bâillon].»

Une approche «coup de poing»

«Enfin des soins au bon endroit, au bon moment», s’est réjoui, en chambre, le premier ministre Philippe Couillard, tout en félicitant son ministre de la Santé pour le travail effectué jusqu’à maintenant. [...] Nous, on va de l’avant.»

À son tour, le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, a déploré «l’arrogance» du ministre Barrette, à qui «les Québécois ne peuvent plus faire confiance», selon lui.

Le chef péquiste par intérim considère l’adoption sous bâillon du projet de loi 10 comme «le début d’un vaste brassage et de chicanes», «d’un gros bordel» qui privera les Québécois de meilleurs services de santé.

La porte-parole péquiste en matière de santé, Diane Lamarre, a qualifié le recours au bâillon «d’approche coup de poing».

Le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel, a quant à lui reproché au premier ministre Philippe Couillard de revenir à la vieille façon de faire des libéraux.

«Sous l'égide de M. Charest, pendant neuf ans, on a mis sur la table 28 bâillons, a déclaré le député de Granby. Alors, 10 mois plus tard, on recommence la même méthode, on bâillonne les oppositions, on bâillonne les collègues députés qui défendent le dossier de la santé et qui ont des éléments importants pour les organismes, la population qui est inquiète face à ce projet de loi.»

La porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, a fait valoir de son côté qu’«il y avait beaucoup de travail à faire pour améliorer cet horrible projet de loi 10».

«Le bâillon est un geste profondément antidémocratique», a-t-elle ajouté.

- Avec la collaboration de Louis Gagné, Agence QMI