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Les illuminés de la décroissance

Tuer la civilisation n’est pas une solution. C’est un crime !

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Un nouveau concept fait son chemin dans les médias et ceux qui en font la promotion bénéficient habituellement d’une couverture admirative, sinon carrément dithyrambique.

Ce concept est celui de la décroissance avec toutes ses déclinaisons: décroissance soutenable, décroissance équitable, décroissance conviviale, etc.

Quel que soit l’adjectif qu’on lui appose, la décroissance est une idéologie réactionnaire vieille de plusieurs siècles qui repose sur le postulat que la croissance infinie est impossible dans un monde fini, ce qui donne lieu à une rhétorique sur une apocalypse imminente.

Pour éviter le pire, il faudrait que l’humanité effectue un virage à 180°. Ainsi, les chevaliers de la décroissance affirment qu’à moins de réduire drastiquement notre consommation et de cesser de déplacer les marchandises et les humains, nous aurons bientôt épuisé toutes nos ressources. S’il n’en tenait qu’à eux, il faudrait cesser de produire les biens qu’ils jugent «inutiles» et d’importer des milliers de biens comme les oranges, les bananes, le café et le chocolat pour ne consommer que ce qui est produit à l’intérieur d’un périmètre restreint. Quant aux humains, ils devraient adopter un mode de vie en vase clos avec la marche et le vélo pour seuls moyens de transport.

Certes, il est nécessaire d’éviter tout gaspillage de ressources et de réduire la pollution. Mais ce que les apôtres de la décroissance proposent est une régression délibérée, une «dé-civilisation». Pour eux, même le développement durable est inacceptable, car c’est le développement même qu’ils contestent. Ces nostalgiques de la société préindustrielle aspirent à une vie bucolique qu’ils espèrent un jour nous imposer.

Bien que les «décroissancistes» tiennent des discours abscons dignes d’incantations, leur message est fondamentalement pernicieux et hostile à l’être humain.

Pauvreté

Supposons que les sociétés occidentales choisissent de ne plus importer d’aliments «exotiques». Non seulement notre alimentation serait nettement plus pauvre, mais les producteurs de ces denrées, lesquels vivent principalement dans les pays en développement, perdraient leur principal sinon leur unique moyen de subsistance. La décroissance, c’est donc affamer davantage les pays où sévit déjà une misère abjecte.

Quant à la réduction de notre consommation de produits domestiques, cela revient à créer délibérément des armées de chômeurs. La décroissance, c’est condamner à la pauvreté de braves gens qui n’auront plus aucun espoir de jours meilleurs.

Dégâts sociaux

De plus, la pauvreté ne vient jamais seule. S’invitent alors la criminalité, l’insalubrité, la maladie, la violence, la réduction de l’espérance de vie, l’exclusion sociale et autres dégâts sociaux les uns pires que les autres. La décroissance, c’est le déclenchement du sous-développement durable.

Enfin, quand on sait que la croissance est le fruit des connaissances, de la science et du génie humain, prôner la décroissance, c’est promouvoir l’ignorance et la décadence.

Il est incontestable que nos sociétés actuelles font face à des défis de taille. L’être humain doit certainement faire mieux et faire autrement. Mais tuer la civilisation n’est pas une solution. C’est un crime!

 
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