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Consultants à 1 G$ : le privé veut aussi un ménage

Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies.
Photo d'archives, Jean-Nicolas Blanchet Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies.

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L’un des plus importants regroupements de firmes informatiques privées du Québec «applaudit» Martin Coiteux en constatant que celui-ci veut faire le ménage dans les montants alloués aux consultants privés en informatique.

«Je ne fais qu’applaudir le ministre [Coiteux] [...] C’est un beau moment pour nous rencontrer», a souligné Nicole Martel, présidente-directrice générale de l’Association québécoise des technologies (AQT), qui regroupe plus de 500 entreprises dans le domaine de l’informatique dans la province.

Réjouie de constater que le gouvernement en faisait une priorité, Mme Martel réagissait au reportage de notre Bureau d’enquête, qui a révélé que le gouvernement avait payé plus d’un milliard de dollars pour obtenir l’aide des consultants privés en informatique lors de la dernière année.

Changements suggérés

Ses membres ne sont pas dérangés par le ménage que Martin Coiteux veut entamer, au contraire.

«Pour nous, c’est très positif. Ce que M. Coiteux a dit, ça va dans le sens de nos recommandations que l’on fait depuis trois ans.»

Selon l’AQT, le Québec serait gagnant si les contrats en informatique du gouvernement étaient davantage en mode «forfait» plutôt qu’en mode «horaire». Ce qui va dans le sens de Martin Coiteux, selon Mme Martel, qui déplore cependant que les choses n’avancent pas plus vite depuis quelques années. Le fédéral a amorcé ce virage, pas le Québec, dit-elle.

L’AQT suggère aussi au gouvernement de réduire la taille de ses contrats et de ses projets afin d’être plus efficace et surtout d’éviter que ce soit toujours les mêmes firmes qui décrochent les contrats. Ses membres ne lui disent pas que la situation a bien changé même si l’association le réclame depuis des années.

Caire attaque Coiteux

Le péquiste Sylvain Roy a martelé que le gouvernement doit se refaire une expertise interne, mais que le «caractère “austérique”» de Martin Coiteux, «qui veut couper partout», bloque l’embauche.

Exigeant une enquête publique sur l’informatique, Éric Caire, de la CAQ, a pour sa part lancé que l’attitude de Martin Coiteux lui faisait penser à celle de Jean Charest lorsqu’il s’opposait à la tenue d’une commission d’enquête sur la construction.

À ce sujet, Martin Coiteux a invité le député caquiste à «contacter l’UPAC» s’il détenait «des renseignements concernant la collusion et la corruption».

«Nous savons très bien qu’il faut apporter des solutions dans le secteur informatique», a rappelé le président du Conseil du trésor, lundi.