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Christian Bégin insiste contre l’austérité malgré les critiques

Les propos de Christian Bégin, ainsi que la vive réaction des usagers des réseaux sociaux à ceux-ci, ont inspiré le dessinateur YGreck.
Illustration Ygreck Les propos de Christian Bégin, ainsi que la vive réaction des usagers des réseaux sociaux à ceux-ci, ont inspiré le dessinateur YGreck.

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L’animateur et comédien Christian Bégin s’excuse pour sa vulgarité lors d’un rassemblement samedi, où il dit au gouvernement de «manger de la marde», mais il dénonce toujours autant les mesures d’austérité.
«J’ai pris la parole. J’étais fâché, un peu tanné de sentir, comme plusieurs je crois, qu’on se fout pas mal de nous. Et qu’au bout du compte ce système n’est “gagnant gagnant” que pour ceux et celles qui le contrôlent», explique-t-il dans une lettre ouverte publiée sur le site du Journal.
 
«Si mes mots vous ont offensés, quelle que soit votre allégeance politique, je m’en excuse publiquement. Je ne m’attaquais pas à vous», a-t-il ajouté.
 
L’animateur et comédien a pris la parole lors d’une manifestation antiaustérité devant les bureaux du ministre du Bas-Saint-Laurent, Jean D’Amour, samedi.
 
Appel au boycottage
 
La vidéo de ce discours a fait grandement réagir sur les médias sociaux, séparant d’un côté les gens qui appuient les propos de M. Bégin et de l’autre ceux qui les condamnent.
 
Un appel au boycottage des épiceries IGA, dont il est un des ambassadeurs, a même été lancé sur les réseaux sociaux. D’autres boycottages de Télé-Québec, du Canard du lac Brome ainsi que de Saputo ont été lancés, mais sont pratiquement morts dans l’œuf, ne recevant que très peu d’appuis.
 
 
«C’est inacceptable qu’un artiste envoie “chier” le gouvernement alors qu’il est porte-parole d’une compagnie alimentaire, c’en est trop. Un porte-parole ne peut pas dire n’importe quoi», a commenté Sylvain Tétrault, qui a lancé #boycottIGA sur le web.
 
Des publicités de l’entreprise ont aussi été modifiées par des internautes. Le slogan «Manger mieux» a été remplacé par «Manger de la marde» dans une d’entre elles.
 
 
IGA pas inquiet
 
De son côté, la porte-parole de Sobey’s Québec, société mère d’IGA, soutient que l’entreprise ne partage pas les propos de M. Bégin, mais se fie à ses clients pour faire la part des choses. Elle ne s’inquiète pas non plus de cet appel au boycottage très peu suivi.
 
«Le public s’énerve pour pas grand-chose», estime Marie-Claude Ducas, spécialiste média et chroniqueuse au Journal.
 
Extraits de la lettre ouverte de Christian Bégin
Christian Bégin a fait un discours lors d’une manifestation contre l’austérité qui a grandement fait réagir sur le web.
Photo Le Journal de Montréal, Stéphanie Gendron
Christian Bégin a fait un discours lors d’une manifestation contre l’austérité qui a grandement fait réagir sur le web.
 
«Voilà qu’encore une fois je me suis laissé emporter. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire de moi. J’y réfléchis... Seul. C’est de l’ordre de l’intime. Aurais-je dû employer d’autres mots? Sans doute...»
 
«Pourquoi? Parce que je suis en colère. Encore? Oui... Ça ne m’empêche pas de vivre au cœur de ce système, d’y travailler, d’y gagner ma vie avec reconnaissance, mais y’a quelque chose en moi qui ne décolère pas...»
 
«En substance, au-delà des gros mots qui ont choqué, j’ai dit que je ne crois pas ce gouvernement quand, pour justifier les mesures d’austérité, il nous dit avec des airs de bon père de famille qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’État et que nous devons tous et toutes nous serrer la ceinture, contribuer à l’effort collectif, faire notre juste part, etc.»
 
«L’argent se multiplie dans les banques, les abris fiscaux, les salaires mirobolants des grands possédants de ce monde. Dans les coffres des grandes compagnies avec lesquelles on prend, en notre nom, des pactes fiscaux en les invitant à dilapider nos ressources, à vider nos régions, sans que nous en tirions vraiment profit.»
 
«J’ai dit des gros mots, j’en conviens, mais la vraie vulgarité n’est-elle dans la l’ampleur du mensonge auquel on veut nous faire croire?»
 
«Je crois seulement que nous vivons dans une démocratie malade, mourante... Pis j’ai d’la misère à garder ça pour moi...»