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Péquistes et caquistes veulent embaucher davantage d’informaticiens à meilleur salaire

Éric Caire
©  Photo Jean-François Desgagnés

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Le gouvernement du Québec doit embaucher davantage d’informaticiens et doit leur donner un meilleur salaire s’il veut éviter de payer une fortune aux consultants du secteur privé, estiment les partis d’oppositions.

«Le gouvernement du Québec est un bar ouvert pour les consultants privés des firmes informatiques. Nous ne détenons pas l’expertise et il nous en coûte une fortune chaque année pour embaucher des gens à l’externe pour faire le travail de nos fonctionnaires», a dénoncé le caquiste Éric Caire ce matin en point de presse à l’Assemblée nationale.

Le Journal a révélé ce matin que le gouvernement du Québec a payé plus d’un milliard $ en salaire à des consultants privés en informatique l’an dernier, une situation jugée inacceptable par M. Caire.

M. Caire dénonce la proposition de Martin Coiteux de geler le salaire de tous les fonctionnaires pour les deux prochaines années. Il croit qu’il faut revoir à la hausse le salaire de certains secteurs d’activités dans la fonction publique, y compris en informatique.

«Ce n’est pas en gelant le salaire des spécialistes en informatique du gouvernement que nous attirerons les meilleurs candidats», a affirmé Éric Caire, qui demande par ailleurs une commission d’enquête publique sur les contrats informatiques gouvernementaux.

La CAQ ne veut toutefois pas plus d’informaticiens. Elle souhaite simplement mieux les payer, ce qui devrait résoudre le problème du manque d’expertise et le recours régulier aux firmes externes, estime le parti de François Legault.

Plus d’informaticiens, plus de logiciels libres

Au Parti québécois, on dénonce aussi le recours sans fin aux consultants externes, mais on ne veut pas de commission d’enquête, qui «coûterait une fortune». «Les solutions sont connues: ça nous prend plus d’expertise à l’interne, une plus grande compétition entre les firmes informatiques et un recours plus fréquent aux logiciels libres, qui sont gratuits», a souligné le péquiste Sylvain Roy.

«Le nerf de la guerre, c’est l’embauche. Si j’engage un consultant, il va être redevable à son employeur, qui veut faire de l’argent. Si j’embauche un ingénieur à l’interne, il est redevable à qui? À sa gang», ajoute M. Roy.

Or, cette embauche est bloquée par le président du Conseil du trésor Martin Coiteux et son «caractère austérique, qui veut couper partout», dénonce M. Roy.

Pour le moment toutefois, M. Roy concède qu’il est inévitable de faire appel à tous ces consultants privés. «Quand tu n’as pas le monde pour faire la job, tu fais quoi? Tu fais appel à des consultants externes. Tu n’as pas le choix, la job doit se faire», a-t-il souligné.​