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Couillard attaqué sur l’emploi

Il se fait également prendre à partie sur la question de l’intégrisme

Philippe Couillard
Photo SIMON CLARK /JOURNAL DE QUEBEC Philippe Couillard

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Attaqué sur l’emploi autant que sur la lutte contre l’intégrisme, le gouvernement Couillard a fait l’annonce-surprise mardi d’un congé fiscal qui doit relancer l’économie de la province.

«On sait l'immense capacité qu'on a de créer de l'emploi et de faire croître l'économie au Québec», a affirmé Philippe Couillard en chambre lors de l’ouverture officielle de la session parlementaire mardi.

Le discours d’austérité du gouvernement fait maintenant place à celui d’un réinvestissement dans l’économie. Le congé fiscal annoncé par le ministre des Finances Carlos Leitao survient huit mois après une coupure sévère des crédits d’impôt aux entreprises, justifiée à l’époque par la situation budgétaire difficile.

Il prévoit l’élargissement d’une bonification d’une mesure mise en place par le gouvernement Marois. Les projets de développement économique de 100 millions $ et plus auront ainsi droit à un congé d’impôt équivalent à 15 % de la valeur des investissements, contre 300 millions $ auparavant. En région, le seuil d’admissibilité sera de 75 millions $.

Cet «élément de régionalisation» n’a pas impressionné le chef par intérim péquiste Stéphane Bédard, qui taxe les libéraux d’abandonner les campagnes du Québec en ne renouvelant pas le programme d’aide aux villages dévitalisés. «Les gens des régions ont l'impression d'avoir été largués», a-t-il laissé tomber.

De son côté, le caquiste François Legault a accusé le premier ministre d’avoir menti aux Québécois sur la création de 250 000 emplois lors de la campagne électorale. «Ça veut dire que dans les trois prochaines années, il faudrait créer plus de 70 000 emplois par année. Voyons donc! Il n’y a personne qui croit ça», a dénoncé le chef caquiste.

Malaise libéral

Sa députée Nathalie Roy a par ailleurs attaqué le gouvernement sur sa mollesse face à l’intégrisme et dénonce le report d'un plan d'action sur l'intégrisme en automne. Le gouvernement Couillard estime en effet pouvoir livrer un plan d’action sur la «radicalisation» en juin ou en septembre. «On verra si on est capable de livrer la marchandise pour le mois de juin », a averti la ministre de l’Immigration Kathleen Weil.

Des universités québécoises n’ont toutefois pas attendu que Québec bouge pour annoncer hier la création d’un observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent.


Stéphane Bédard : «Les gens des régions ont l'impression d'avoir été largués, que l'austérité leur a passé sur le dos.»

Legault : «Quand le premier ministre va-t-il avouer qu'il n'a pas dit la vérité durant la campagne électorale avec ses 250 000 emplois?»

Couillard: «Quand on a fait l'annonce de près de 500 millions $ pour les travaux forestiers, tout le monde rigolait quand on en entendait d'autres parler d'austérité. C'est ça, l'austérité? Allô, la Terre, je dirais.»

Nathalie Roy : «On connaît tous le malaise libéral quand vient le temps d'aborder des questions identitaires qui touchent les Québécois.»

Couillard : «On est très à l'aise pour parler de cette question parce que, notre position, elle est basée sur un attachement indéfectible à la sécurité des Québécois.»

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