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La leçon de Peter Simons

La leçon de Peter Simons
Photo AFP

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Comme vous l’avez lu ces derniers jours, les révélations d’un informaticien italien ont mis à jour un vaste scandale d’évasion fiscale orchestrée par la banque HSBC.

Des comédiens très connus, des trafiquants d’armes, des diamantaires, des politiciens, des monarques, des chirurgiens et des entrepreneurs ont pu profiter de l’aide de cette institution bancaire pour déposer illégalement de l’argent en Suisse et ainsi, échapper au fisc de leur pays respectif.

Pourquoi payer de l’impôt quand tu peux mettre ton argent à l’abri entre deux chocolats et trois horloges coucou ?

LES COFFRES DE L’ÉTAT

D’un côté, on peut comprendre pourquoi certaines personnes et certaines entreprises cherchent à payer moins d’impôts.

Quand on regarde la façon dont l’État gaspille notre argent (on n’a qu’à penser aux sommes astronomiques investies en pure perte dans le bordel informatique québécois), on est en droit de se demander pourquoi on lui enverrait une partie de nos revenus.

« Qu’ils fassent le ménage dans leur cour et cessent de jeter de l’argent par les fenêtres, et ensuite, je ferai ma part ! »

Mais de l’autre, avec le vieillissement de la population, entre autres, les États ont de plus en plus besoin d’argent. Si les riches se mettent tous à cacher une partie de leur fric dans des paradis fiscaux, c’est la classe moyenne qui va se retrouver à casquer pour tout le monde.

Or, elle est prise à la gorge.

On fait comment pour équilibrer le budget ?

C’est bien beau, couper dans les dépenses, mais l’austérité (pardon : la rigueur) ne peut pas tout régler.

Il faut aussi que de l’argent rentre dans les coffres de l’État, sinon on va tous se retrouver dans le rouge.

FAIRE PARTIE D’UNE COMMUNAUTÉ

Il y a quelques jours, j’ai fait une entrevue avec Peter Simons, le PDG des boutiques du même nom (entrevue qui sera diffusée aux Francs-Tireurs, à 21 h, ce soir, sur les ondes de Télé-Québec).

« Je sais comment m’y prendre pour cacher de l’argent aux îles Caïman, m’a-t-il lancé. Je sais exactement quoi faire. Je sauverais des millions de dollars. Mais si tous les entrepreneurs se mettaient à agir de la sorte, qui financerait notre système d’éducation ou notre système de santé ? Qui paierait pour la formation de mes futurs employés ? Comment financerait-on les soins aux malades et aux personnes âgées ?

« C’est bien beau, faire de l’argent, mais une entreprise a aussi une responsabilité sociale. Nous faisons partie d’une communauté.

« Moi, je suis fier de payer mes impôts et de faire ma part. Ce n’est pas une question d’être de droite ou de gauche, j’en ai rien à faire de ces étiquettes. C’est une question d’équité. »

AU-DESSUS DES FRONTIÈRES

Pour Peter Simons, le temps est venu de transformer le système capitaliste. Pas de le jeter à terre, comme rêvent certains anarchistes, mais de lui imposer des règles.

« Nous avons maintenant des grosses entreprises supranationales qui se foutent totalement des lois des pays, m’a-t-il dit. Quand c’est le temps de recevoir des subventions, ils reconnaissent l’autorité et la souveraineté de l’État, mais quand vient le temps de payer des impôts, soudainement, les frontières ne comptent plus. »

À quand un capitalisme responsable ?

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