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Monsieur Libre est en colère

Cryille Béraud de passage à Argent
Capture d'écran

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L’important défenseur de l’industrie du logiciel libre est en beau fusil contre le gouvernement, mais pas à peu près.

Après mon passage à l’émission «À la une», lundi, sur canal Argent, concernant mon reportage sur le coût des consultants privés, l’invité était Cyrille Béraud.

Même s’il n’a pas besoin de présentation pour les acteurs du milieu, il est président de Savoir-faire Linux, président de la Fédération des communautés et industries du Libre et administrateur du regroupement pour l’approbation collective de l’informatique libre. Bref, celui qui est reconnu pour son franc-parler est l’un des importants porte-voix de l’industrie des logiciels libres au Québec.  (Définition du logiciel libre à la fin de ce texte)

L’intérêt du gouvernement semble pourtant important pour le logiciel libre. Cela fait même partie du plan des libéraux, comme l’a souligné Laurent Bounin dans son blogue sur Direction informatique.

Le PQ a créé un centre gouvernemental d’expertise en logiciel libre en 2013. Nos sources nous ont raconté que ce centre n’était pas assez pris au sérieux dans la fonction publique. Mais le gouvernement a toujours nié, rappelant son souci de développer le libre.  

Mais sans avertissements, lundi, Cyrille Béraud y est allé d’une sortie fracassante contre le gouvernement Couillard. « Les choses vont très mal», m’a-t-il confirmé mardi matin. Rien ne va plus et le logiciel libre est boycotté pour favoriser les entreprises multinationales, à son sens.

Voici ce qu’il a lancé, en direct, à la télévision :

-Questionné à savoir si le gouvernement utilise le logiciel libre, il a répondu «pratiquement pas»

-«Depuis un an, c’est le blackout total»

-« On a créé le Centre des services partagés (organisme considéré comme le cerveau informatique du gouvernement)  qui est une agence pour acheter des licences et des produits aux multinationales».

-« Est-ce que vous savez, au Centre des services partagés, un fonctionnaire, plus il vend des licences propriétaires, mieux il est noté dans son avancement ? Plus il pousse le logiciel libre, plus il est décrié, stigmatisé, ostracisé ». (Nous attendons la réplique du CSPQ à ce sujet).

Lui qui a déjà milité pour le Parti québécois s'est défendu, durant l'entrevue, d'en faire un sujet partisan, notamment en saluant les libéraux à l'époque de la ministre Michelle Courchesne qui avait initié les premières mesures pour amener le logiciel libre dans l'appareil public québécois. Il a aussi écorché le Parti québécois lorsqu'il était au pouvoir.

*Le 13 février, la porte-parole du Centre des services partagés du Québec, Alexandra Reny, a réagi au commentaire de M. Béraud à l'effet que des employés seraient blâmés lorsqu'ils poussent le logiciel libre:

«L’affirmation est inexacte. D’abord parce que les conditions de travail des fonctionnaires du gouvernement sont normées et en aucun cas elles ne peuvent être associées à de la vente de licences logicielles.

Par ailleurs, rappelons qu’en page 57 de la Politique cadre sur la gouvernance et la gestion des ressources informationnelles des organismes publics, ont peu y lire que :

« ...le gouvernement énonce clairement sa position et propose deux actions :

-    considérer le logiciel libre au même titre que tout autre logiciel;

diffuser des outils d’aide à la décision et des guides. »

*Un logiciel libre est un logiciel dont l’utilisation et la modification sont permises librement. Souvent gratuits ou moins coûteux que les logiciels propriétaires, les logiciels libres sont de plus en plus intégrés dans les systèmes informatiques publics à travers le monde. Son antonyme, le logiciel propriétaire, empêche les utilisateurs de le transformer. Seuls les représentants de l’entreprise propriétaire ont la clé pour le faire, contrairement aux logiciels libres qui permet à son utilisateur de le modifier librement.

Pour revoir l’entrevue de M. Béraud, c'est ici.