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Quand les enseignants découragent les filles à étudier les mathématiques et les sciences

classe d'école primaire
Photo d'archives

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Les filles performent moins bien en mathématiques que les gars parce que les enseignants ont moins d'attentes à leur égard. C’est du moins ce qu’indique une nouvelle étude à laquelle s’est intéressé le New York Times.

Les filles performent moins bien en mathématiques que les garçons parce que leurs enseignants ont moins d’attentes à leur égard. C’est du moins ce qu’indique une nouvelle étude à laquelle s’est intéressé le New York Times.

C’est connu: sur le marché du travail, les femmes sont sous-représentées dans les domaines en lien avec les mathématiques et les sciences. Si les parents et les fabricants de jouets ont été accusés de dissuader les fillettes à aimer les mathématiques, une nouvelle étude pointe du doigt leurs enseignants.

Une recherche menée par Victor Lavy de l’Université de Warwick et Edith Sand de l’Université de Tel-Aviv réitère l’importance que peuvent avoir les enseignants du primaire et du secondaire dans les choix de carrière de leurs élèves. Le manque d’encouragement pourrait effectivement influencer négativement la performance et l’intérêt que démontrent les élèves pour les mathématiques et les sciences.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont suivi, à partir de 2002, trois groupes d’élèves israéliens de la sixième année jusqu’à la fin du secondaire. Pendant la recherche, les élèves ont été invités à répondre deux fois à leurs examens. Une copie a été corrigée par des inconnus qui ne connaissaient pas l’identité des élèves et l’autre copie a été corrigée par l’enseignant.

En mathématiques, les filles ont surclassé les garçons dans les examens notés de manière anonyme. Les élèves masculins ont toutefois surclassé les filles lorsque leurs examens étaient corrigés par leur enseignant.

Un tel effet sur la notation ne s’est pas observé dans d’autres matières que les mathématiques.

À la lumière de tels résultats, les chercheurs en sont venus à la conclusion que les enseignants surestimaient les compétences des garçons en mathématiques et qu'ils sous-estimaient celles des filles.

Comme le souligne Slate, ces résultats sont très surprenants, puisque les mathématiques constituent une discipline objective et que les questions d’examen possèdent toutes une bonne réponse et la démarche pour y parvenir. L’étude démontre ainsi que le biais des enseignants peut guider leur correction et leur évaluation.

Effet Pygmalion

Selon l’étude, les premières expériences scolaires des enfants sont donc susceptibles d’influencer leurs performances futures en mathématiques et en sciences et, éventuellement, leur travail et le salaire qu’ils gagneront.

«Le résultat le plus surprenant et le plus important de cette recherche est qu’un enseignant biaisé peut influencer le choix de carrière de ses élèves et leur décision d’étudier, ou pas, les mathématiques et les sciences», a expliqué l’un des chercheurs, en entrevue au New York Times.

Ces nouveaux résultats confirment ainsi ce que d’autres recherches ont pu démontrer au cours des dernières décennies: les attentes des enseignants ont un impact sur les performances scolaires de leurs élèves. Il s’agit de l’effet Pygmalion.

Juste en croyant que leurs élèves possèdent les aptitudes nécessaires pour accomplir une tâche ou un travail, les enseignants sont plus enclins à contribuer positivement à leur succès. Le fait que les enseignants aient un biais défavorable envers les performances des filles en mathématiques est donc susceptible de dissuader les filles à poursuivre des études dans ce domaine.