/misc
Navigation

Le drame de la dette étudiante aux USA

Le drame de la dette étudiante aux USA

Coup d'oeil sur cet article

 Incroyable, mais vrai, la dette d'études aux États-Unis se chiffre aujourd'hui à 1000 milliards de dollars U.S., soit la deuxième en importance après la dette immobilière de 8000 milliards U.S., mais bien avant la troisième constituée de la dette sur les cartes de crédit au montant de 660 milliards U.S. : «Student debt explodes» (Business Week, 1er juillet 2013).

Plusieurs économistes américains, dont ceux de la Banque fédérale, croient que la prochaine crise financière va avoir pour origine la dette étudiante aux Etats-Unis, dont plus du tiers est titrisée, c'est-à-dire réunie dans des papiers commerciaux ou instruments dérivés et vendus à des investisseurs attirés par des rendements plus élevés, mais plus risqués: «The next big threat to the U.S. economy? Fed economists are increassingly concerned about the surge in student loans» (Bussiness Week, 20 janvier 2014).

Le mensonge perpétré par la classe dominante et sa milice
Voilà la vérité sur les effets pervers, principalement pour la classe moyenne et les démunis, de la tarification des services publics en général préconisée par le patronat et les nantis et de la hausse des frais de scolarité en particulier. Mes amis, si vous faites partie de la classe dite moyenne, que vous soyez de droite ou de gauche, la tarification accrue des services publics incluant les études collégiales et universitaires, la santé, l'eau, l'électricité, les ponts et autoroutes, les garderies vous défavorisent nettement au profit des riches. Cela est un fait. Vous n'avez qu'à comparer les pays anglo-saxons où les frais de scolarité sont très élevés (États-Unis, Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande) avec les pays européens où la quasi-gratuité est de mise (France, Suède, Finlande, Allemagne, etc.)

Si vous ne me croyez pas, je vous en prie, vous n'avez qu'à lire quelques dossiers éclairants publiés ces dernières années par la revue d'affaires américaine Business Week qui ne porte pas pourtant à gauche : «Debt for life» (10 septembre 2012) et «Study now and pay and pay and pay later» (21 mai 2007). Sur les plans économiques et de la création de richesse, la gratuité des services publics assurée par des impôts sur le revenu du travail et des gains de capitaux vraiment progressifs, c'est nettement supérieur sur tous les plans lorsque l'on englobe toutes les externalités et les impacts à moyen et à long terme. Tiens, même les futurs entrepreneurs aux États-Unis se plaignent de leur énorme dette étudiante qui les empêche de partir leur propre entreprise: «Startups. Entrepreneurs on hold. Debt-loaded grads are shelving plans to start their own businesses» (Business Week, 24 juin 2013).


Égalité des chances, mon œil
Le 27 février 2006, la revue Business Week, oui, encore elle (pourquoi on ne publie pas de telles études sérieuses et impartiales ici même au Québec?) reproduisait les faits sur les frais de scolarité élevés, modulés ou pas, en termes d’accessibilité et sur le mythe niaiseux des prêts étudiants afin d'aider les moins riches. Aux États-Unis donc, seulement 3% des étudiants issus de familles moins nanties fréquentaient les 146 meilleurs collèges et universités américains contre 74% pour ceux provenant de familles plus riches. Seulement 8% des enfants de familles démunies obtenant un diplôme collégial et 64% d'entre eux ne s'inscrivent pas du tout au collège (on ne parle même pas d'université) même en présence de prêts étudiants qui représentent un leurre pour vous emberlificoter et vous vendre l'idée de la hausse souhaitable des frais de scolarité. Et pour les familles téméraires peu nanties qui inscrivent quand même leurs enfants aux collèges américains, les frais de scolarité grèveront alors 47% du revenu familial. Et dire que les franchisés de l'élite économique nous servent des arguments vraiment indigestes comme l'équité, le bien-être des générations futures, l'accessibilité, la justice, l'illusion de la gratuité, etc. pour vous vendre le principe de la tarification accrue des services publics et aussi des mérites de leurs privatisations qui, dans les faits, appauvriront encore plus la classe moyenne et les démunis. C'est avec de telles politiques économiques et sociales que l'on accentue davantage les scandaleuses inégalités économiques: «États-Unis. Les classes moyennes, grandes perdantes de la dette étudiantes» (La Presse, 20 août 2012).

Boum-Boum Geoffrion vend ses trophées aux enchères 
En 2001, Bernard Geoffrion, l'ancien ailier de Jean Béliveau avec le Canadien, a dû, malgré lui, s'astreindre à vendre tous les précieux souvenirs de sa carrière d'hockeyeur aux enchères afin d'aider à défrayer le coût des études collégiales de ses petits-enfants qui vivent aux États-Unis (La Presse, 14 février 2001). Faut le faire! Si ça ne suffit pas, va peut-être falloir que Boum-Boum vende ses meubles et sa maison?

Tiens, juste en passant, un autre mensonge entretenu par la cellule de la caste dirigeante afin de vous intoxiquer : «Prêts étudiants. Le remboursement en fonction du revenu vire à l'échec au Royaume-Uni» (Le Devoir, 8 août 2014). Idée défendue farouchement, par exemple, par l'ex-premier ministre Jean Charest et par l'économiste universitaire Claude Montmarquette, celui qui a développé une certaine haine face à notre solidarité par le truchement de nos services publics et de nos instruments collectifs. «L'expert» universitaire est un fervent de la privatisation, de la tarification et des baisses d'impôts sur le revenu, en parfaite harmonie avec ce que veut le patronat, les riches, Philippe Couillard et Stephen Harper. Après, ça vient rire de nous en prétextant servir les intérêts légitimes et supérieurs de la majorité.

Qui prône la tarification et pour qui?
J'espère que ce qui va suivre va éveiller chez vous un certain questionnement sur les tenants et les aboutissements de la tarification des services publics en général et des études collégiales et universitaires en particulier. Tiens commençons par «Le principe de l'utilisateur-payeur privilégié par le patronat» (Le Devoir, 20 octobre 2014). Toutefois, le patronat n'a rien contre les centaines de millions en subventions publiques versées chaque année par le gouvernement du Québec aux écoles et aux collèges privés. Il y a tout de même une limite à tarifier les collèges privés fréquentés par la progéniture des gens aisés : «Bachand défend le principe de l’utilisateur-payeur» (La Presse, 12 mars 2012). Raymond Bachand, c’est l’ex-ministre libéral de Jean Charest devenu lobbyiste pour Bombardier et administrateur à la Banque Nationale. Au service exactement de qui selon vous?

«Malgré la crise, Charest dit non à un gel des tarifs» (Le Devoir, 17 février 2009). P’tit Jean, maintenant à l’emploi d’un gros bureau d’avocats, des spécialistes en lobbyisme, évasion fiscale, en PPP pour leur propre mieux-être, etc.

Terminons, même si ce ne sont pas les exemples qui manquent, par les conclusions du rapport de Claude Montmarquette produit en 2008, et oui encore et toujours lui (il siège sur le comité actuel de révision des programmes de l’ex-ministre libérale Lucienne Robillard) : « Encore des hausses de tarifs préconisées. Le remède de cheval du rapport Montmarquette» (La Presse, 18 janvier 2008). Faut surtout pas se gêner, la population est capable d’en prendre. Et comme si ce n’était pas assez en termes d’exploitation, il y a toujours des petits universitaires, comme Gilles Larin, qui en rajoutent: «Les avantages de la tarification dans les services publics» (Le Devoir, 18 janvier 2008). Je vous en supplie, laissez les pas faire pour vous, vos enfants et vos petits-enfants.

Et aussi les chroniqueurs et éditorialistes apparentés
En plus des universitaires patentés, le patronat peut compter sur la fidélité permanente de leurs chroniqueurs et éditorialistes apparentés pour défendre vaillamment leur intérêt particulier comme
Jean-Paul Gagné : «Il faudra terminer la réforme tarifaire» (Les Affaires, 28 mars 2009). Réforme tarifaire jumelée bien évidemment avec la privatisation des services publics et partenaire public-privé (PPP). Ce n’est qu’un début, continuons le combat...

Jean-Paul Gagné : «Les tarifs au secours des finances publiques» (Les Affaires, 15 août 2009). Les tarifs, pour J. P. et ses amis, c’est beaucoup mieux que les impôts sur le revenu des compagnies et des nantis pour venir au secours des services publics. Tout le monde sait ça!

Jean-Paul Gagné : «Hausse inévitable des taxes et des tarifs» (Les Affaires, 20 mars 2010). Inévitable, si Jean-Paul le dit c’est que ça doit être vrai.

Alain Dubuc : «La chasse aux vaches sacrées» et «Tarifs. Le Fléau des vaches sacrées». (La Presse, 19 juin 2009 et 30 septembre 2009). Pour mon «ami» Alain, les vaches sacrées c’est toujours les services publics, jamais les abris et les paradis fiscaux des gros durs. Pour Alain, «Geler les tarifs. Une très mauvaise idée» (La Presse, 18 février 2009).

André Pratte : « La révolution tarifaire». (La Presse, 28 septembre 2009). Raymond Bachand appelait ça, quant à lui : «Une révolution culturelle» (Le Devoir, 23 février 2009). Allô révolution et «culturelle» en plus de ça.