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Réforme scolaire : centrer sur l’essentiel

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Les résultats récemment publiés d’un rapport d’évaluation sur les effets de la réforme scolaire ont fait dire à plusieurs qu’elle n’a pas produit les bénéfices attendus. Néanmoins, beaucoup de chemin a été parcouru et rien n’indique qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain...

L’erreur au sortir des États généraux sur l’éducation aura été de transformer la réforme en «renouveau pédagogique», elle qui devait se centrer «sur les matières essentielles».

Le renouveau a manqué de matière

Tout devait dorénavant passer par des projets et certains ont déduit qu’il ne fallait plus «enseigner» des contenus de formation pour se contenter «d’accompagner» les élèves dans leurs apprentissages. C’est ce que le MELS véhiculait au départ.

La réforme est vite devenue une «caricature transversale». Le «constructivisme radical» et les bulletins en pointes de tarte ont créé un environnement malsain pour l’innovation.

Les enseignants et les directions d’école ont laissé aboyer les médias et y ont regardé de plus près.

Les gains des dernières années

 

Photo d'archives

L’approche par compétences du nouveau programme de formation de l’école québécoise a pris toute sa force sur le tard, quand il est devenu clair qu’un élève compétent, c’était un élève savant. C’est ce qui explique que les écoles privées ne l’aient pas boudée et aient fait l’effort de l’étudier pour l’implanter sérieusement.

Un des gros gains de «la période réforme» est que les enseignants ont cessé de confondre les manuels scolaires (un outil pour enseigner) et le programme (le contenu à enseigner). Et il y a davantage...

Les profs sont plus ouverts à adapter leurs stratégies en fonction des différents appétits d’apprendre

L’instauration des conseils d’établissement (CE) dans les écoles publiques et l’introduction de la maternelle à temps complet sont des acquis de la réforme. S’il faut donner plus de pouvoirs aux CE, il convient aussi d’intensifier le dépistage précoce et le suivi en bas âge pour concrétiser la volonté d’intervenir dès la petite enfance.

La réforme « sur papier » n’existe plus

Les enseignants sont moins isolés et travaillent ensemble à remettre en question certaines pratiques. Ils se concentrent davantage sur les aspects du programme de formation qui génèrent de la réussite. On ne parle plus de réforme, on est ailleurs...

Les profs se concentrent sur les apprentissages des élèves, plutôt que seulement sur l’enseignement. La grande majorité n’a jamais cessé d’enseigner et porte une plus grande attention à ce que les élèves retiennent de ce qu’on leur fait apprendre.

L’enseignement magistral a encore sa place, mais les profs sont plus ouverts à adapter leurs stratégies en fonction des différents appétits d’apprendre. Ils tiennent aussi compte du fait que tous les élèves dans une classe n’apprennent pas les mêmes choses en même temps, au même rythme.

Les jeunes d’aujourd’hui ne viennent plus à l’école pour observer contemplativement les enseignants en train de s’époumoner en avant de la classe. Ils veulent être actifs. Ils ne veulent plus travailler pour leurs seuls enseignants puisqu’internet permet de diffuser tout ce qu’ils font de beau et de bien.

Les enseignants voient un peu plus clair dans le brouillard d’une réforme mal barrée et ne retiennent maintenant que les éléments valables, dignes de servir la réussite scolaire du plus grand nombre. Ne manquent aux écoles que les moyens de leurs ambitions – plus d’autonomie et moins de bureaucratie – pour qu’elles puissent se consacrer sur l’essentiel!

 

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