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Elle donnait des infos privilégiées

Une employée du 911 a renseigné des hommes soupçonnés de trafic concernant une enquête en cours

Coupable d’abus de confiance par un fonctionnaire public, Julie Doré est passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans.
Photo martin alarie Coupable d’abus de confiance par un fonctionnaire public, Julie Doré est passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans.

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Une des deux employées civiles de la police de Saint-Jérôme accusées d’avoir transmis des informations privilégiées à des hommes sous enquête a plaidé coupable hier.

Visiblement stressée, Julie Doré s’est effondrée dans le box des témoins quelques minutes après son plaidoyer, au palais de justice de Saint-Jérôme. Des ambulanciers se sont rendus sur place pour l’examiner.

La répartitrice du 911 comptant neuf ans de services a envoyé par texto des informations entendues sur les ondes policières à son cousin Patrick Plouffe, le 24 janvier 2013.

Il semble que les informations transmises par Mme Doré à son cousin concernaient un dossier d’invasion de domicile survenu ce jour-là, d’après ce qu’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Stéphanie Ménard.

Un ami de Patrick Plouffe, Alain Tassé, en était le principal suspect (voir encadré).

Liés aux motards

Dans un autre dossier, les deux hommes faisaient alors l’objet d’une enquête menée par l’escouade régionale mixte Laval-Rive-Nord dans le cadre du projet Escarpin, qui a permis de démanteler un important réseau de trafic de drogue lié aux motards opérant dans les Laurentides.

Ils ont été arrêtés et accusés pour cette affaire en février 2013.

La conjointe de Patrick Plouffe, Karine Charette, qui était aussi employée du 911, est également accusée d’abus de confiance et d’entrave à la justice dans ce dossier. Son procès est prévu pour octobre.

Hier, Julie Doré a aussi avoué avoir abusé de la confiance de son employeur pendant six mois en utilisant les systèmes du Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ) à des fins personnelles.

La femme de 34 ans y a fait des recherches afin de savoir si elle était elle-même sous enquête ainsi que certains de ses proches.

Il s’agit d’une pratique interdite, et tous les employés policiers et civils en sont informés par le directeur du poste de police lors de leur embauche, a confirmé l’inspecteur Mark Roy, responsable du centre d’urgence 911 à la police de Saint-Jérôme.

Fax volé

Enfin, le jour de la rafle policière dans le projet Escarpin, Mme Doré a intercepté un fax envoyé par un citoyen à la police de Saint-Jérôme, et l’a caché dans son casier verrouillé.

Le document, qui visait à informer les enquêteurs que Mmes Doré et Charette auraient des liens avec des criminels allégués, ne s’est donc jamais rendu à bon port.

Julie Doré a été suspendue le 18 avril 2013, dès que ses supérieurs ont pris connaissance du dossier. Elle a été congédiée le mois suivant.


 

Pas d’autre brèche, assure la police de Saint-Jérôme

Mark Roy, Inspecteur
Mark Roy, Inspecteur

Après l’arrestation de Julie Doré, la police de Saint-Jérôme a dû vérifier toutes les recherches que l’employée avait effectuées pour voir si elle n’était pas liée à d’autres activités criminelles.

«On s’est assuré de l’intégrité du service. On n’a rien trouvé d’autre qui pouvait être suspect», a indiqué l’inspecteur Mark Roy, responsable du centre d’urgence 911 de la police de Saint-Jérôme.
 
La direction a aussi pris soin de rappeler aux 18 employés du 911 leur serment de discrétion. 
 
«Tous les employés prêtent ce serment stipulant que les informations obtenues dans le cadre de leur travail ne peuvent pas être partagées avec personne», a expliqué l’inspecteur Roy.
 
Vérifications systématiques
 
Ce dernier mentionne également que tous les employés civils et policiers de la police de Saint-Jérôme font l'objet d'une enquête chaque année, y compris les cadres. 
 
«On vérifie de façon systématique si les gens ont des dossiers criminels», a-t-il souligné.
 
D’après l’inspecteur Roy, c’était la première fois que des employées du 911 de Saint-Jérôme étaient accusées pour des infractions commises dans le cadre de leurs fonctions. 

Extraits de textos

Patrick Plouffe (PP)
Julie Doré (JD)
  • PP: Pis as-tu des news
  • JD: Excuse de quoi tu me parle Pat?
  • PP: Alain
  • JD: Haha excuse je comprenais fuck all, pour l’instant non
  • PP: Ok merci
  • JD: Ils sont sur la scène de crime, j’ai deleter Alain de mon Facebook j’ai trop peur que quelqu’un des enquêtes voit que je suis amie avec et me pose des questions si jamais il te le demande tu sauras quoi répondre
  • PP: C’est lui ou pas le sus[pect]?
  • JD: Au début il a dit que c’était un Alain Tassé avec un pinch et que c’était lui qui avait leadé la shot, mais là j’ai pas de nouvelles alors je sais pas si c’est validé ou non
  • PP: Dac
  • JD: Demain matin Karine [Charette] va peut-être avoir plus d’infos.