/news/society
Navigation

Les musulmans font peur aux citoyens de Shawinigan

mosquée shawinigan
Photo Le Journal de Montréal, Amélie St-Yves Le maire de Shawinigan, Michel Angers, estime que sa population est possédée d’une peur irrationnelle.

Coup d'oeil sur cet article

Shawinigan a refusé qu’une mosquée s’implante sur son territoire en raison de la peur de ses citoyens face à l’intégrisme.

Shawinigan a refusé qu’une mosquée s’implante sur son territoire en raison de la peur de ses citoyens face à l’intégrisme.

La Ville de Shawinigan admet avoir refusé un changement de zonage pour l'implantation d'une mosquée en raison de la pression citoyenne. Le maire de la Ville refuse de qualifier ses citoyens de racistes, puisque leur peur est trop irrationnelle selon lui.

«Le but du terrorisme, c'est d'installer la peur. Ça a marché!», laisse tomber le maire de Shawinigan Michel Angers.

Inquiétudes

Il explique que plus le processus en vue de l'implantation d'une mosquée dans le secteur de Shawinigan-Sud avançait, plus les citoyens s’inquiétaient.

«Il y a des fins et des pas fins dans toutes les religions. Nos musulmans sont fins, mais les citoyens craignaient que si le projet allait de l'avant, cela n’attire des pratiquants plus extrémistes», a indiqué le maire Angers.

Le maire assure qu'en aucun temps, une menace concrète de terrorisme n'est venue influencer la prise de décision.

La communauté musulmane pourra tout de même s'implanter dans un autre secteur de la Ville dans un quartier qui prévoit ce type d'usage. Si aucun changement de zonage n'est nécessaire, la Ville ne pourra pas bloquer le projet. «Ils n'auront même pas besoin de nous demander la permission», indique le maire.

À l’amiable

L'instigateur de la démarche de la communauté musulmane, l'avocat Philippe Bégin Garti, ne veut pas prendre position sur ces affirmations avant d'avoir discuté de la situation avec les membres de sa communauté.

En ce qui a trait à un possible recours judiciaire, Bégin Garti précise que devant une telle éventualité, il souhaiterait un règlement à l'amiable.

Parmi les citoyens, les opinions semblent partagées. «J’ai un peu l’impression que le conseil tente de gagner du temps. Ce n’est que partie remise. Mais je trouve que les élus sont honnêtes», indique un citoyen du secteur, David Longpré.

«Je suis très d’accord avec la décision de la Ville. Je ne suis pas la seule. On ne veut vraiment pas que les musulmans installent des mosquées ici», a pour sa part indiqué Colette Perron.

La ministre interpellée

En attendant, le maire Michel Angers interpelle la ministre de l'Immigration Kathleen Weil et le premier ministre Philippe Couillard. Il souhaite que des mesures concrètes soient mises en place pour atténuer la peur de la population.

«Les gens sont possédés d'une peur irrationnelle. Ce serait trop simple de dire que parce qu'ils ont peur, ils sont racistes. On a écouté notre po­pulation, à tort ou à raison», conclut le maire.