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Nous avons une reine!

Émilie 1re, légitime souveraine regnante de Québec
Claude Villeneuve Émilie Rioux, peu de temps après avoir reçu la couronne.

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Ce soir, j’étais très fébrile. Je m’en allais voir une reine se faire couronner.

Non seulement que ça n’arrive pas tous les jours, mais quand on est encore sur le retour d’un voyage d’Angleterre, ça nous parle toujours un peu, la royauté.

Je dois l’admettre! La cérémonie à laquelle j’ai assisté n’avait pas le faste de Westminster Abbey (le Cercle, c’est bien, mais quand même...). Le processus n’en avait pas moins de légitimité.

 

La Revengeance des Duchesses

Née il y a cinq ans, la Revengeance des Duchesses vient d’élire ce soir la sixième reine alternative du Carnaval de Québec.

La formule est irrésistible. Il y a les concours de beauté, les concours de personnalité. Ici, on a droit à un concours de créativité.

Empruntant en toute ironie hipsterienne aux codes de la télé-réalité et d’autres concepts où on nous met en scène du bien beau monde, les organisateurs de la Revengeance poussent leurs duchesses à se dépasser en imagination plutôt qu’en ornementation.

C’est un concours où chaque participante doit animer un blogue (J’AIME!), participer à des manifestations culturelles (comme un concours de décorations de crazy carpet!) et faire étalage de ses talents et de son univers décalé. Bref, c’est une compétition où on s’intéresse à ce que tu as dans les tripes et dans le ciboulot.

Ici, pas de discrimination : des hommes peuvent être duchesses et même un robot, importante ouverture vers la diversité introduite cette année.

 

Les origines

Ce qui me fait encore plus aimer la Revengeance, c’est que c’est probablement une des seules initiatives « off » au monde qui supplante en aînesse la manifestation qu’elle cherche à parodier.

Une capsule historique s’impose ici : ployant sous les critiques devant sa ringardise (toujours non réglée...) et par souci de rectitude, le Carnaval de Québec opère un virage « famille » au cours des années 90. On élimine les duchesses et on les remplace par les odieux knucks. Les gens de Québec ne s’en sont jamais remis et ont réclamé depuis, à corps et à cris, le retour de la royauté.

Constatant le vide, les reines mères de la Revengeance se sont dit que, tant qu’à faire, ça pouvait devenir une expérience culturelle intéressante, plutôt qu’une démonstration de « tatas » gantés du haut d’un char allégorique.

La Revengeance des Duchesses était née. L’idée a intéressé le Carnaval, qui a sérieusement envisagé de la repêcher.

Avant de reculer, craignant peut-être le retour de feu des radios privées. Devant le look alternatif et la diversité corporelle des Duchesses, les animateurs de Radio X  auraient sans doute réclamé que Miss Février du calendrier du Dream Team soit automatiquement proclamée reine plutôt que des « gauchistes féministes frustrées payées avec nos taxes »!

On en est donc revenu aux Duchesses « gnagna ». Moins de troubles. (On niaise pas avec ça, la royauté, nous autres, à Québec...)

 

La reine est morte, vive la reine!

La royauté, cela dit, ça ne meurt pas comme ça.

La bande de la Revengeance ne s’est pas laissée abattre et elle continue chaque année de choisir ses duchesses et d’élire sa reine. (Ce qui place donc la dynastie royale du Carnaval sous la suzeraineté de celle de la Revengeance, plus ancienne.)

Peuple de Québec, je te présente donc ta nouvelle reine.

Elle s’appelle Émilie Rioux.

Émilie anime également l’émission Chéri(e) j’arrive, à CHYZ 94,3.

Et (je le souligne en toute objectivité bloguistique...) c’est la duchesse de Limoilou.

Les choses reviennent donc dans l’ordre : trois ans, Saint-Roch a régné et, chacun un an, le Vieux-Québec et Montcalm. Il était temps que la couronne revienne enfin à une maison noble...

Longue vie à Émilie 1ère, chef de la dynastie de la Revengeance!