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Comment la vie de DSK a dégringolé

Dominique Strauss-Kahn et sa femme de l’époque, Anne Sinclair à leur arrivée à la Cour suprême à New York en juin 2011 où DSK est accusé d’agressions sexuelles sur une femme de chambre.
Photo AFP Dominique Strauss-Kahn et sa femme de l’époque, Anne Sinclair à leur arrivée à la Cour suprême à New York en juin 2011 où DSK est accusé d’agressions sexuelles sur une femme de chambre.

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Dominique Strauss-Kahn avait tout: carrière, argent, respect et notoriété. Sa femme, Anne Sinclair, une riche héritière d’un marchand d’art moderne, était à ses côtés. Leur popularité était à son apogée. Il était à un cheveu de briguer la présidentielle en France en 2012. Tout s’est effondré après plusieurs scandales sexuels qui ont révélé au monde entier ses goûts sexuels débridés. ​Cette semaine, l’homme d’affaires a dû témoigner et expliquer les soirées «libertines» , comme il les appelle, où l’échangisme, la fête et la luxure étaient bien présents.

1. Vie professionelle

Dominique Strauss-Kahn, désigné par ses initiales «DSK» par les médias, est né à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, en 1949. Fils de militaire, il a grandi à Agadir, au Maroc. Très tôt, Strauss-Kahn se passionne pour l’économie et accumule les diplômes en sciences, en droit public et en économie.

Il saute dans l’arène politique en 1976 en adhérant au Parti socialiste de François Mitterrand. Il s’affirme alors comme secrétaire national et économiste en chef du parti. Il sera nommé ministre délégué à l’Industrie et au Commerce extérieur avant de perdre son mandat de député. L’homme d’affaires devient maire de Sarcelles en 1995, où son bilan sera salué. Il est nommé ministre de l’Économie et des Finances en 1997, mais il doit démis­sionner en 1999 à cause d’ennuis judiciaires en lien avec des pots-de-vin. Il sera blanchi.

En 2006, DSK présente sa candidature aux primaires présidentielles socialistes et il sera écrasé par Ségolène Royal. Un an après cette défaite, Dominique Strauss-Kahn est élu au poste de directeur du Fonds monétaire international. Il est censé annoncer en 2011 qu’il sera candidat aux primaires socialistes, mais sa vie bascule quand des accusations d’agression sexuelle sont portées contre lui à New York. Il doit démissionner de la direction du FMI.

2. Ses amours

Dominique Strauss-Kahn a eu trois femmes dans sa vie et quatre enfants. Il épouse en 1967 Hélène Dumas, avec qui il aura trois enfants. Il épouse Brigitte Guillemette en 1986, quelque temps après son divorce, avec laquelle il aura une fille. Plus tard, l’homme d’affaires aura un coup de foudre pour la célèbre journaliste Anne Sinclair. Le couple divorce de leurs conjoints respectifs pour vivre ce nouvel amour. Ils se disent oui en catimini à la mairie de Paris le 26 novembre 1991. Anne Sinclair restera aux côtés de DSK malgré les premiers scandales sexuels le concernant. Finalement, le couple divorce en 2013.

L’homme d’affaires entretient par la suite, une liaison de quelques mois avec la juriste Marcela Lacub, qui en tirera un livre, Belle et Bête, où elle le décrit comme un être «mi-homme, mi-cochon».

Il a ensuite refait sa vie avec Myriam L’Aouffir, d’origine marocaine, qui s’occupe des communications chez France Télévision. Selon les tabloïdes, le couple est toujours ensemble.

3. Argent

Selon Le Figaro, à son entrée au FMI, Dominique Strauss-Kahn gagnait 730 000 euros par an. Après sa nomination comme directeur en 2007, Anne Sinclair et lui achètent une luxueuse demeure avec piscine à Georgetown, aux États-Unis, au coût de 4 millions $. Quelques mois plus tôt, le couple a acheté un superbe appartement de 240 m2 à Paris pour 4 millions d’euros. Le montant a été payé comptant.

 

Dominique Strauss-Kahn et sa nouvelle flamme Myriam L'Aouffir.
Photo AFP
Dominique Strauss-Kahn et sa nouvelle flamme Myriam L'Aouffir.

4. Scandales 

Derrière le carriériste ambitieux se cache un homme aux mœurs libertines. Sa réputation de séducteur fait beaucoup jaser en raison de ses aventures d’un soir. En 2008, le directeur du FMI est soupçonné d’entretenir une liaison avec l’une de ses subor­don­nées, Piroska Nagy. L’homme d’affaires est dans l’obligation de présenter des excuses publiques surtout qu’il est toujours en couple avec Anne Sinclair, qui lui pardonnera sa faute.

En 2011, il se retrouve, encore une fois, dans l’eau chaude quand la journaliste Tristane Banon l’accuse d’avoir tenté de la violer en février 2003 à Paris lorsqu’elle voulait l’interviewer, alors qu’il était député. Elle a affirmé que DSK l’avait attrapé par la main puis le bras et qu’une bagarre s’était déclenchée. Tristane Banon a ajouté que, durant l’agression présumée, DSK aurait mis ses doigts dans sa bouche, ses mains dans sa culotte après «avoir fait sauter le jean et le soutien-gorge, sous mon col roulé noir». Strauss-Kahn a démenti le récit de Tristane Bannon, mais a admis avoir tenté de l’embrasser. Quelques mois plus tard, les autorités décident de classer sans suite la plainte pour tentative de viol.

5. L’affaire Sofitel

 

Nafissatou Diallo, la femme de ménage qui a accusé DSK d’agressions sexuelles.
Photo AFP
Nafissatou Diallo, la femme de ménage qui a accusé DSK d’agressions sexuelles.

En 2011, DSK est arrêté à New York après qu’une femme de ménage de l’Hôtel Sofitel l’eut accusé d’agression sexuelle. Au moment où elle s’apprêtait à faire le ménage de la chambre, la dame serait tombée sur l’homme d’affaires qui était complètement nu, sortant de la douche. Il aurait alors fermé la porte avant d’agresser l’employée. Il l’aurait entraînée dans la chambre à coucher, puis dans la salle de bains. Selon l’acte d’accusation, il l’aurait forcée à commettre un acte sexuel oral avant que celle-ci parvienne à s’enfuir. Dans le dossier, il est inscrit qu’il s’agit d’un acte de fellation ou de sodomie forcée, car le pénis est entré en contact avec la bouche de la victime à deux reprises. Des traces de sperme ont été retrouvées sur l’uniforme de la femme de chambre. Dominique Strauss-Kahn est aussi accusé d’attouchements non consentis parce qu’il aurait touché les parties intimes d’une personne sans son consentement afin d’abuser d’elle». La femme de chambre a en effet déclaré qu’il l’avait saisie à la poitrine».

Dominique Strauss-Kahn sera accusé d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration. Il plaide non-coupable aux sept chefs d’accusation.

Pendant le procès, le procureur émet des doutes sur la crédibilité de l’accusatrice, qui aurait menti à plusieurs reprises avant et après les faits. Les mensonges émis par la femme de chambre rendent la poursuite de la procédure impossible. DSK conclut l’affaire, un an plus tard, en payant 6 millions $, selon des tabloïds français, pour que la dame garde le silence à jamais.

Lors de son procès à New York, Dominique Strauss-Kahn louait une maison à 50 000 $ US par mois dans le secteur Tribeca. Elle était équipée d’une salle de gym, d’une petite salle de cinéma et d’un jacuzzi, entre autres. Il a dû payer une caution de 1 million $, avec un dépôt de garantie de 5 millions $ pour être libéré.

6. L’après Sofitel

L’affaire DSK a inspiré un cinéaste qui a réalisé le film Welcome to New York. C’est Gérard Depardieu qui incarne l’ex-directeur du FMI. L’œuvre est parue en 2014 en DVD, seulement.

Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui a accusé DSK de viol, s’est ouvert un restaurant qui porte le nom de «Chez Amina».

 

L’écrivaine Tristane  explique les raisons qui l’ont poussé à accuser de viol Dominique Strauss-Kahn.
Photo AFP
L’écrivaine Tristane explique les raisons qui l’ont poussé à accuser de viol Dominique Strauss-Kahn.

7. L’affaire Carlton de Lille

Les ennuis ne sont pas terminés pour l’homme de 65 ans. Cette semaine, DSK doit se défendre pour des accusations de proxénétisme au luxueux Hôtel Carlton de Lille, dans le nord de la France.

Désigné par les médias comme le «roi de la fête», tous les détails les plus explicites ont été révélés sur les goûts et pratiques sexuelles de l’homme déchu qui se défend de faire partie d’un réseau de prostitution.

L’affaire implique plusieurs personnalités, dont l’homme d’affaires David Roquet, l’entrepreneur Fabrice Paszkow­ski, un policier, Jean-Christophe Lagarde et Dominique Alder­weireld, surnommé «Dodo la saumure», qui est propriétaire de plusieurs établissements de prostitution en Belgique.

Dans ce procès entamé depuis le 2 février, on apprend que les fêtes coquines se seraient déroulées à Paris, dans le nord de la France et à Washington, lorsque DSK était toujours directeur du FMI. Il a admis être adepte du libertinage, mais il ignorait la «qualité» des jeunes femmes participant aux soirées et qu’il n’était pas l’organisateur.

L’un des reproches faits à DSK est d’avoir mis à disposition un appartement à Paris pour l’organisation de soirées en présence de prostituées. À ces allégations, il répond: «J’étais un homme politique marié, j’ai donc besoin de recevoir de manière discrète des personnalités politiques, mais aussi, disons-le, pour des rencontres personnelles.»

8. Les citations manquantes

«Veux-tu venir découvrir une magnifique boîte coquine à Madrid avec moi et du matériel?» demande ainsi DSK à un ami.

Fâché par les questions sur sa vie sexuelle, l’homme d’affaires a répondu au procès dans une allusion à la sodomie qu’il ne comprend pas pourquoi il est accusé. «Sauf à vouloir me faire comparaître devant les juges pour pratiques dévoyées, ce qui n’existe plus.»

DSK a expliqué ces soirées libertines, «c’étaient des récréations. J’avais une vie trépidante avec quelques petites soupapes de récréation. On parle d’une douzaine de rencontres festives sur trois ans. Cela n’a rien à voir avec une activité frénétique où je n’aurais fait que ça. Je ne sais pas si je peux en être fier. Mais des dizaines de fois, des femmes se sont offertes à moi.»

Dominique Alderweireld surnommé «Dodo la Saumure» est propriétaire de maisons closes et est accusé de proxénétisme.
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Dominique Alderweireld surnommé «Dodo la Saumure» est propriétaire de maisons closes et est accusé de proxénétisme.
9. Ce que les témoins ont dit

Mounia, une ancienne prostituée a évoqué un rapport avec DSK «brutal, mais consenti. C’est son sourire qui m’a marqué du début à la fin. Il avait l’air content de ce qu’il faisait», a soufflé la jeune femme. Elle affirmé n’avoir jamais parlé d’argent ou de tarif avec l’homme de 65 ans.

Jade, l’autre prostituée a qualifié de «boucherie» la soirée durant laquelle Dominique Strauss-Kahn l’a sodomisée. À ces allégations, l’ancien directeur du FMI s’est excusé: «Je ne me suis pas rendu compte. Je dois avoir une sexualité qui, par rapport à la moyenne des hommes, est plus rude.»

Jade dit avoir expliqué à DSK qu’elle est «indépendante» et fait des spectacles de danse, où elle choisit une personne pour un rapport sexuel à la fin. Sans parler d’argent.

Au terme de ce procès, Dominique Strauss-Kahn encourt jusqu’à 10 ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende.

 

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