/lifestyle
Navigation

Retour à la comédie romantique

Tour Eiffel in Paris
william87 - Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Le romancier à succès Marc Levy, considéré comme l’écrivain français le plus lu dans le monde, fait un retour remarqué à la comédie romantique avec son nouveau roman, Elle & Lui. Paul, l’attachant architecte du best-seller Et si c’était vrai et meilleur ami d’Arthur, le héros de ce roman, passe au premier plan. Et de brillante façon.

Réunis à Paris à la suite d’un coup monté par des amis, Mia, une belle actrice anglaise, et Paul, un architecte américain devenu écrivain à succès, font connaissance au cours d’un blind date. Elle a fui son conjoint et se terre à Montmartre et lui, amoureux de sa traductrice coréenne, vit dans le Marais. Mia est une star, mais Paul ne le sait même pas. Ni l’un ni l’autre ne veulent tomber amoureux. Et pourtant...

Marc Levy avait envie d’écrire un roman qui fait du bien et Elle & Lui est une vraie lecture de plaisir, où la dérision, les dialogues savoureux, la joie de vivre et les bons petits plats ajoutent du piquant. Au fil des pages, il pose aussi un regard sur le travail d’un auteur, le milieu de l’édition, la librairie, et le destin d’un livre lorsqu’il passe entre les mains d’un traducteur.

Pour lui, c’est un vrai retour à la comédie. «Depuis le début de ma carrière d’écrivain, il y a presque 16 ans maintenant, j’ai eu envie d’alterner des genres, par amour de la diversité et aussi par respect de mon lectorat», affirme-t-il en effectuant sa toute première entrevue sur le livre, avant son départ pour le lancement parisien.

Envie de douceur

«Je me suis rendu compte, étrangement, moi qui ai souvent été classé comme auteur de comédies romantiques, que je n’en avais pas écrit depuis sept ans. J’ai trouvé que l’année 2014 avait été une année qui n’était pas très joyeuse dans le monde et j’ai eu envie d’une comédie, de douceur, de légèreté, de donner du plaisir. C’est vraiment ce qui m’a motivé: je crois que j’en avais envie pour moi-même.»

Il avait aussi envie de renouer avec les personnages d’Et si c’était vrai, sans pour autant que ce soit une suite. «Je me suis dit, ce personnage de Paul, qui était le meilleur ami d’Arthur, qui était architecte, et si finalement, sans faire de similitudes trop évidentes, il était devenu écrivain par accident et qu’il avait quitté son pays pour aller vivre ailleurs? Ça pourrait donner matière à un roman.»

« Retrouver des copains »

«J’avais surtout envie de passer un long moment avec des personnages qui vous collent à la peau. Quelque part, on a envie d’être à leur place, d’être eux, de vivre ce qu’ils vivent. Et on a envie d’être en leur compagnie.»

Il s’est donc embarqué dans cette histoire et l’a écrite d’une traite. C’était un énorme bonheur pour lui de retrouver ces personnages. «J’ai retrouvé leurs voix tout de suite. J’avais l’impression de retrouver des copains. C’était une telle joie d’être avec eux, de renouer avec eux, de retrouver leur humour, leur complicité.»

Ses lecteurs lui parlent souvent des personnages d’Et si c’était vrai, surtout de Paul, qu’il a toujours senti proche de lui. «Dans Et si c’était vrai, c’était un personnage secondaire et on ne voyait qu’une toute petite partie de lui. Maintenant, c’est lui, au premier plan, dans une nouvelle vie qui n’a rien à voir avec la précédente.»

Marc Levy est l’auteur français contemporain le plus lu dans le monde.

Il a vendu plus de 33 millions d’exemplaires de ses romans, qui ont été traduits en 49 langues.


Le monde de l’écriture

Marc Levy souhaitait depuis un bon moment parler du monde de l’écriture, lui qui reçoit plein de courriels de gens qui ont envie d’écrire et lui posent des questions. «Je trouvais ça marrant d’avoir comme trame de fond l’univers de cet homme qui écrit et qui est bourré de doutes.» Et qui se retrouve au cœur de situations incongrues. «Il le dit, à un moment donné: pourquoi est-ce que les personnages de romans ont plus de courage que nous? Pourquoi est-ce qu’ils osent plus de choses? Alors j’ai eu envie d’oser.»

La peur de la télé

Paul a peur de l’avion, mais la télévision est pour Marc Levy un vrai cauchemar. «Quand je vais faire une télévision, je suis malade, deux jours avant. C’est affreux, c’est terrible. Quand je regarde le présentateur du 20 heures, je me dis: comment il fait? Vous n’imaginez pas le nombre de fois où je me suis retrouvé sur un plateau de télévision et où je me disais, ça y est, je vais mourir là, maintenant! Je vais m’évanouir en plein direct. Et c’est de pire en pire avec les années.»

Célèbre en Corée?

«Oui, mais encore plus en Chine!», dit Marc Levy. «J’ai eu la chance, avec mon métier, de parcourir le monde plusieurs fois pour aller à la rencontre des lecteurs. J’ai vécu des scènes à la Peter Sellers, en Corée ou en Chine: quelqu’un, en face de vous, vous parle pendant cinq minutes, mais vous n’avez aucune idée de ce qu’il vous dit. C’est tellement magique que le livre ait ce pouvoir de communiquer dans toutes les langues.» Il rend d’ailleurs hommage aux traducteurs, lui qui est traduit dans 49 langues. Le Voleur d’ombres est sorti il y a six mois en Chine et s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Les sites de rencontres

Marc Levy n’était jamais allé sur les sites de rencontres sur internet et a créé le profil de Mia. «C’était très marrant, parce que je me mettais dans le profil d’une femme. Quand j’ai vu les réponses et les messages que je recevais, j’éclatais de rire par moment. C’était tellement drôle!» Ses impressions? «C’est comme dans la vraie vie: il y a de tout.» L’expérience, même si elle n’a pas duré longtemps, fut intéressante. «Ce qui en ressort, c’est une vraie sincérité et un vrai désir de rencontre. Aller à un blind date, ça demande énormément de courage. Je suis très admiratif, pas du tout moqueur.»

EXTRAIT

«Et à Paris, où il vivait maintenant depuis sept ans, Paul avait écrit cinq autres romans. Las d’aventures avec des Parisiennes dont les changements d’humeur lui semblaient impossibles à comprendre, il opta pour le célibat, à moins que ce ne fût le célibat qui optât pour lui.
Ses cinq romans ne rencontrèrent pas le succès qu’il avait fini par espérer, du moins, pas en Europe ni aux États-Unis, mais pour une raison qu’il ignorait, ses livres faisaient un tabac en Asie, plus particulièrement en Corée.
Depuis quelques années, Paul entretenait une liaison amoureuse avec sa traductrice coréenne. Deux fois l’an, Kyong venait lui rendre visite, une semaine, jamais davantage. Il était bien plus épris qu’il ne voulait le reconnaître. Seul problème, face à elle, il ne savait jamais trouver le mot juste.»

— Marc Levy, Elle & Lui,

Elle & lui
Tour Eiffel in Paris
Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.