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Découverte majeure pour les diagnostics de cancer

isotope sherbrooke
Photo Courtoisie Dr. Éric Turcotte, nucléiste et professeur-chercheur au Centre de recherche du CHUS

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SHEBROOKE | Des chercheurs du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke ont réussi à fabriquer des isotopes médicaux servant aux diagnostics du cancer directement à l’hôpital plutôt que d’avoir à dépendre des centrales nucléaires.

Les chercheurs croient que cette découverte pourrait réduira les risques de pénurie, comme ça s’était produit en 2009 pendant la réfection de la centrale de Chalk River. On avait alors dû retarder de nombreux examens de dépistage du cancer. En plus, la nouvelle façon de produire des isotopes ne crée pas de déchets nucléaires.

Les isotopes produits à l’aide d’un cyclotron s’appellent le Technétium 99. « Nous sommes fiers de présenter les premiers résultats de cette étude clinique réalisée auprès de personnes atteintes de troubles de la glande Thyroïde. Les images obtenues avec le Technétium 99 produit par notre cyclotron, sont équivalentes à celles réalisées avec du Technétium 99 produit par un réacteur nucléaire », a déclaré le Dr. Éric Turcotte, professeur-chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.

Les patients en attente d'un examen par imagerie nucléaire n'ont plus à craindre une pénurie d'Isotopes produits par les réacteurs nucléaires, comme celle qu'on avait connue en 2009 et qui avait duré 15 mois, laissant dans l'inquiétude les patients en attente d'examens et d'un diagnostic.

Les images du premier patient ont été réalisées en septembre 2014, après que Santé Canada ait autorisé les essais cliniques et 11 patients ont été injectés avec le Technétium 99 fabriqué par cyclotron depuis.

« Il faut miser sur cette technologie, d'autant plus que les 5 principaux réacteurs nucléaires qui produisent près de 80% des besoins en isotopes médicaux dans le monde ont plus de 50 ans et plusieurs arrivent à la fin de leur vie utile. La fermeture prévue de certains d'entre eux prochainement créera un déséquilibre dans la chaîne d'approvisionnement. Il faut être prêt à répondre aux besoins croissants en examens diagnostics pour les patients », a expliqué le Dr. William Fraser, directeur scientifique du CRCHUS.

 

Pas de déchets

La production de Technétium 99 par cyclotron peut répondre aux besoins. Elle ne produit pas de déchets nucléaires, ce qui en fait la technologie verte de l'avenir. Elle est aussi peu coûteuse comparée à l'investissement que représenterait la construction d'un réacteur nucléaire.

Le CHUS, qui dispose de 2 cyclotrons, vise l'autosuffisance de Technétium 99 dès 2016 et pourrait transposer sa technologie à d'autres Centres hospitaliers du Québec disposant d'un cyclotron en 2018.

Pour réaliser ce projet, Ressources naturelles Canada a investi 2,9M$ via le programme d'accélération des technologies d'isotopes (PATI). À cela s'ajoute une contribution de 6 M $ du ministère de la Santé du Québec, de 400 000$ de la Fondation du CHUS et de 70 000$ du consortium MITNEC (Medical imaging Trial Network Canada). Le projet PATI s'est fait en collaboration avec une équipe de l'Université de l'Alberta et de la compagnie Advanced Cyclotron System Inc., fabricant de cyclotron.