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Une commission parlementaire pour revoir le don d'organes

Tomy-Richard Leboeuf McGregor
Photo Le Journal de Montréal, Camille Laurin-Desjardins Tomy-Richard Leboeuf McGregor, greffé depuis un an et demi, milite pour que l’Assemblée nationale se penche sur la question.

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Des greffés pulmonaires se réjouissent que le débat sur le don d’organes soit ramené à l’avant-plan et espèrent que tous les partis s’entendront pour tenir une commission parlementaire à partir du modèle qui a mené au projet de loi « Mourir dans la dignité ».

«Ce serait important, maintenant, qu’on parle de vivre dans la dignité. Parce que quand tu es dans l’attente d’une greffe, tu n’as plus de qualité de vie», estime la directrice générale de la Fondation des greffés pulmonaires du Québec, Julie Bisaillon.

La jeune femme qui a eu la chance d’avoir une nouvelle paire de poumons il y a quelques années souhaite qu’un débat de société sensibilise plus de gens au don d’organes, et applaudit la sortie de Bernard Drainville.

Le candidat à la course à la direction du Parti québécois s’est prononcé en faveur du consentement présumé, dimanche. Ce serait donc aux personnes qui refusent de faire don de leurs organes de le signifier au gouvernement, et non l’inverse, comme c’est le cas actuellement au Québec. M. Drainville réclame également une commission parlementaire non partisane sur le sujet, comme celle qui avait mené au projet de loi «Mourir dans la dignité».

«On ne peut plus se permettre d’attendre, estime Tomy-Richard Leboeuf McGregor, qui a reçu de nouveaux poumons il y a un an et demi. Si la famille de mon donneur avait refusé, je serais décédé, je n’en avais plus pour longtemps.»

Car même lorsque les donneurs potentiels ont signé leur carte d’assurance maladie pour signifier leur accord, la famille peut s’opposer au don.

Le jeune homme atteint de fibrose kystique avait déposé une pétition à l’Assemblée nationale l’automne dernier en faveur du consentement présumé, qui avait recueilli 21 000 signatures. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait alors signifié qu’il privilégiait le statu quo pour le moment.

Vivre dans l’attente

Julie Gagnon, une jeune femme de 26 ans également atteinte de fibrose kystique, attend toujours de nouveaux poumons. Depuis quelques semaines, sa situation s’est détériorée.

Julie Gagnon
Julie Gagnon, atteinte de fibrose kystique, est en attente d’une greffe de poumons depuis près de quatre ans.
Photo Courtoisie
Julie Gagnon, atteinte de fibrose kystique, est en attente d’une greffe de poumons depuis près de quatre ans.

«J’ai cru que j’allais mourir, quand on m’a intubée, confie-t-elle de sa chambre d’hôpital, à Québec. Je vais un peu mieux, le chirurgien me dit de garder espoir!»

« On ne réalise pas ce que c’est tant qu’on ne l’a pas vécu, mais ça peut arriver à n’importe qui d’avoir besoin d’une greffe »
– Julie Gagnon

Cela fait presque quatre ans que Julie attend une greffe.

«C’est important d’en parler, il y a tellement de gens qui sont en accord avec le don, mais ne signent pas leur carte.»

Le ministre Barrette croit que «le fait qu'un député de l'opposition officielle et candidat à la chefferie de son parti fasse une sortie média n'est pas le signe du besoin de la société québécoise de débattre de cette question en commission parlementaire».

Dans une réponse par courriel, il a indiqué qu’il pourrait revoir sa position «si la population québécoise s'exprime en faveur d'un Santé ».