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Asphyxiés par la paperasse

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Si vous êtes entrepreneur, vous savez que certaines villes et certains arrondissements tiennent un double discours. D’un côté de la bouche, ils disent vouloir attirer les entreprises et créer de l’emploi. De l’autre, ils rendent la vie impossible à ceux qui sont censés le faire.

Les grands champions

Le Plateau Mont-Royal est champion toutes catégories en cette matière. Prenez l’exemple d’un restaurateur dont le Journal a recueilli le témoignage. Sermonné par des fonctionnaires parce qu’il planifiait mettre des fleurs sur sa terrasse, l’arrondissement a finalement rejeté son plan d’agrandissement.

D’autres villes, comme Mascouche, ne manquent plus d’imagination lorsqu’il est temps d’alourdir la tâche des entrepreneurs. En janvier dernier, le propriétaire d’une petite boutique recevait une amende de 876 $... pour avoir stationné son camion devant son commerce. Publicité illégale!

C’est sans compter ce propriétaire de garage qui a obtenu son permis d’exploitation avec 9 mois de délai. Raison? Il avait rempli un formulaire avec de l’encre noire, plutôt que de l’encre bleue.

De mal en pis

Grâce à leur pouvoir de réglementation, les municipalités et arrondissements ont parfois droit de vie ou de mort sur les entreprises. Le cas du Plateau Mont-Royal est un exemple parmi d’autres.

Depuis des années, la réglementation s’est alourdie, forçant commerces et restaurants à fermer leurs portes. 2000 places de stationnement sont disparues. Et les taxes augmenteront de 4,5 %.

Un labyrinthe de sens unique entrave la circulation. Les rues ne sont plus déneigées. Le prix des parcomètres a augmenté. Une approche surprenante, alors que d’autres arrondissements comme Rosemont favorisent le stationnement de courte durée gratuit.

Taxer les locaux vides !

Pour prévenir la dévitalisation de son arrondissement, le maire du plateau a récemment suggéré de taxer les locaux commerciaux vides! Une idée déjà utilisée ailleurs, comme à Détroit, pour inciter les propriétaires à faire bon usage de l’espace. Ou encore pour décourager la spéculation immobilière.

Mais dans le cas qui nous occupe, il s’agit d’une idée plutôt absurde. L’arrondissement tue des entreprises à coups de lourdeur administrative. Il essaie ensuite de les raviver en utilisant la même manière! C’est la maladie qui se prend pour un remède!

Contre le nouveau 15/40

À l’opposé, le projet de centre d’achat au croisement des autoroutes 15 et 40 est un exemple de coopération entre un entrepreneur et une municipalité. Ville Mont-Royal et son maire font tout en leur pouvoir pour revitaliser cette portion de la métropole.

Cette symbiose fait craindre à plusieurs que le projet se réalisera. Sur la Rive-Sud, la popularité du Dix30 a violemment heurté les petits commerçants de Brossard, ou de La Prairie. Les consommateurs se sont rués vers ce nouveau développement où les stationnements abondent.

Les maires de certains arrondissements ont peur que le phénomène se reproduise à Montréal. Que les consommateurs préféreront aller magasiner là où ils se sentent les bienvenus. Là où on leur offre du stationnement. Et que les commerçants aussi préfèrent s’y installer.

Comme tous les projets, celui-ci a du bon et du mauvais. Mais il a aussi de quoi aider la réflexion d’autres villes et arrondissements, qui risquent d’y perdre au change à force d’avoir embêté leurs commerçants!