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Surpoids: L'obésité coûte 1,5 milliard $ par année, révèle une première étude

Une première étude révèle les coûts en santé des Québécois en surpoids

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L’obésité coûte 1,5 milliard $ par année au Québec en soins de santé, dévoile un rapport alarmant qui quantifie ce fardeau économique pour la première fois.

«C’est extrêmement inquiétant», réagit Corinne Voyer, directrice générale de la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

Plus à risque

Ce montant, calculé à partir des données de 2011, représente 10 % des coûts totaux pour les consultations médicales (100 millions $) et l’hospitalisation (1,4 milliard $).

C’est la première fois que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) parvient à quantifier le fardeau économique des adultes obèses.

Selon l’auteure de l’étude, Chantal Blouin, ce poids économique est comparable à ceux d’autres pays qui ont réalisé des études similaires.

Comparativement aux personnes qui ont un poids santé, on estime que cette population a 94 % plus de risques d’être hospitalisée, et 13 % plus de chances de consulter un médecin.

À noter que cette étude de l’INSPQ est basée sur l’utilisation des soins de santé rapportée par les patients eux-mêmes, ce qui laisse croire que les données sont sous-estimées. «C’est conservateur», avoue Mme Blouin.

Par ailleurs, ce montant annuel n’inclut pas les autres coûts directs et indirects, tels que la consommation de médicaments, l’absence au travail et l’invalidité.

« Pointe de l’iceberg »

«Ce n’est que la pointe de l’iceberg! souligne Mme Voyer. Ces données-là n’incluent pas la perte de productivité, les cancers, l’hypertension, le diabète, etc.»

D’ailleurs, cette dernière lance un cri d’alarme pour que le gouvernement mette en place des mesures.

Dans le rapport, l’INSPQ rappelle aussi l’importance «d’intensifier le travail en cours sur la promotion des saines habitudes de vie et sur la prévention des problèmes reliés au poids.»

Or, on indique aussi qu’il s’agit d’un «travail de longue haleine pour créer des milieux de vie qui rendent les choix sains les plus faciles à faire».

« Pas de solution magique »

«Le Québec a mis 40 ans pour se rendre où il est maintenant, alors c’est certain que ça va prendre du temps pour renverser la vapeur, avoue Mme Blouin. Il n’y a pas de solution magique.»

Cette dernière croit par ailleurs que ce problème doit être pris en charge par la société.

«Quand plus d’un Québécois sur deux est en surpoids, c’est un problème collectif.»

Une deuxième étude, cette fois sur les coûts des médicaments et les coûts indirects reliés à l’obésité, sera publiée plus tard cette année par l’INSPQ.


Le gouvernement « doit agir », selon des organismes

Ce premier rapport sur les coûts de l’obésité est un signal d’alarme clair qui doit forcer le gouvernement du Québec à faire un virage «santé», selon des organismes de prévention.

«Le gouvernement ne peut pas ignorer ce fardeau-là, croit fortement Corinne Voyer, directrice générale de la Coalition poids. C’est un wake up call qu’on essaie de faire depuis longtemps, mais on n’avait pas de données.»

Taxer la liqueur

Corinne Voyer, Directrice de la Coalition poids
Photo d'archives
Corinne Voyer, Directrice de la Coalition poids

«Il faut agir maintenant, croit aussi Lucie Granger, directrice générale de l’Association pour la santé publique du Québec. Pour créer les fondements d’une économie prospère, ça prend une population en santé.»

Selon la Coalition poids, la taxe sur l’achat des boissons sucrées, comme la liqueur, est une des premières mesures à mettre en place pour réduire l’obésité des Québécois.

«Il faut changer la donne pour que les options saines soient plus faciles à prendre, indique Mme Voyer. Ce serait une mesure rapide et efficace.»

Une proposition qu’approuve Mme Granger.

Comme le tabac

«Un peu comme on a fait avec le tabac, c’est une politique publique qui permet de réinvestir dans la prévention.»

D’ailleurs, les statistiques montrent que près d’un enfant sur quatre au Québec présente un excès de poids: 7 % sont obèses et 15 % font de l’embonpoint.

Par ailleurs, Mme Granger suggère que le gouvernement investisse davantage dans l’aménagement urbain, qui favorise l’exercice physique.

«Il y a une panoplie de mesures à mettre en place dans notre environnement et qui sont la clé pour changer les habitudes, croit-elle. Il faut favoriser le transport actif.»

La ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, n’a pas rappelé Le Journal.


QUELQUES CHIFFRES

L’obésité a triplé au Canada entre 1985 et 2011 

Le Canada se situait au troisième rang (des 29 pays étudiés) avec le plus haut taux d’obésité infantile en 2013, selon l’Unicef. 
  • 57 % des Québécois font de l’excès de poids
  • 22 % de l’obésité
  • 35 % de l’embonpoint
À quel poids est-on obèse ?
  • Lorsque l’indice de masse corporelle dépasse 30. Entre 25 et 30, la personne fait de l’embonpoint. 
  • 90 % des cas de diabète de type 2 sont associés à l’obésité