/news/politics
Navigation

Le ministre Bolduc veut faire des vérifications sur les fouilles à nu dans les écoles

Il maintient qu’elles sont légales si elles sont faites de façon « respectueuse »

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, pourrait intervenir à la suite de la controversée fouille à nu qu’a dû subir une élève de 15 ans, un cas qui ne serait pas isolé. La Commission scolaire de la Capitale procédera aussi à un «examen interne» qui pourrait mener à des «corrections».

Un peu plus tôt dans la journée, le ministre Bolduc s’était attiré de vives critiques pour avoir affirmé que les fouilles à nu dans les écoles étaient légales, à condition «que ça soit très respectueux».

Des propos qu’il a répétés lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, tout en affirmant qu’il prenait la situation «très au sérieux». «Si l’école est intervenue de façon non adéquate, nous allons intervenir et nous allons faire les vérifications nécessaires», a-t-il précisé.

Le Journal rapportait mardi qu’une adolescente de 15 ans d’une école secondaire de Québec avait dû se dévêtir complètement à la demande de la direction, qui la soupçonnait de trafic de drogue.

Fouille légale

Dans un communiqué, la commission scolaire a réaffirmé mardi que cette fouille était permise, puisqu’elle s’est déroulée «dans les normes établies», selon un document produit en collaboration avec les ministères de l’Éducation, de la Justice et de la Sécurité publique.

On peut y lire que les fouilles d’élèves sont autorisées, puisque les enseignants et la direction ont l’obligation de «procurer un environnement sûr et de maintenir l’ordre et la discipline». «La fouille elle-même doit être faite de façon raisonnable et appropriée», précise le document.

Pratique abusive

De leur côté, les partis d’opposition n’ont pas tardé à condamner ce geste. Pascal Bérubé, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, considère qu’il s’agit d’une pratique clairement abusive.

«Ce n’est pas le rôle du personnel scolaire de faire des fouilles à nu, on n’est pas à Guantánamo quand même», s’est-il exclamé.

Le député caquiste Jean-François Roberge a quant à lui vivement dénoncé les propos d’Yves Bolduc. «Comment le ministre peut-il penser qu’une fouille à nu peut être respectueuse? C’est absolument ridicule!» a-t-il lancé.

Cet incident serait loin d’être un cas isolé. Une autre adolescente de la Beauce a raconté hier avoir subi une fouille à nu l’an dernier parce qu’on la soupçonnait de vendre de la drogue.

— Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et de l’Agence QMI