/misc
Navigation

Bolduc, le crucifié

Bolduc, le crucifié

Coup d'oeil sur cet article

Pour faire dévier un débat, Yves Bolduc n’a pas son pareil. Et il n’a même pas à se forcer. Ça lui vient tout seul, comme la malchance qui lui semble innée. C'est le crucifié habituel.

Le ministre de l’Éducation n’a pourtant pas dit grand-chose: simplement que le règlement actuel permettait aux autorités scolaires de procéder à une fouille à nu d’un élève. En autant que ce soit fait dans les règles de l’art et le respect du pauvre petit être visé par cette procédure extrême.

Dans le cas qui nous préoccupe, les autorités étaient deux dames qui n'ont pas perdu de temps à retrouver la mère de la pauvre petite soumise à leur interrogatoire.

(Ça devait être insupportable, terrible, inhumain et ça finira sans doute devant les tribunaux où la diginité est mise aux enchères, aux frais des contribuables, bien entendu...)

En quelques mots seulement, le ministre Bolduc s’est retrouvé une fois de plus dans la tourmente. 

Sa faute? Il n’a pas évalué correctement les limites de la rectitude politique moderne. À une époque, demander à une adolescente de montrer patte blanche et ses petites culottes dans le bureau de la directrice n’aurait pas causé un tel émoi.

On donnait des claques sur la gueule et on tapait de la règle sur les avant-bras. On avait la vie dure et la couenne à l’avenant.

Le temps a passé et les bureaucrates ont enrobé la vie collective d’un cocon de règles strictes dont la matrice est la rectitude politique.

On se fout depuis deux jours de savoir si la jeune fille prise à offrir du pot par texto à un ami est coupable ou pas. Ou si la drogue est un fléau. 

C’est la façon de traiter cette pauvre victime d'un système répressif et sans humanité qui est critiquée. Le député péquiste Pascal Bérubé a comparé la fautive à un prisonnier de Guantanamo! (De quoi faire pleurer toutes les grand-mamans...)

Qu’elle agisse ou pas comme intermédiaire au profit d'un revendeur de drogues n’a pas d’importance. Ce qui compte désormais, c’est la manière d’aborder ce problème incarné par l'ado fautive.

Le crime présumé, c'est le défaut de compassion.

Évidemment, il n’y a rien pour énerver davantage les bureaucrates qui appréhendent quotidiennement de ne pas avoir tout prévu. Alors le pauvre ministre Bolduc, malhabile avec les idées comme avec le vocabulaire, se trouve obligé de décréter une enquête administrative.

Une enquête refilée à une «ressource» externe. Les 819 fonctionnaires de son ministère et les 150 000 bureaucrates de la fourmilère des commissions scolaires étant tous, évidemment, trop occupés pour prendre une journée, aller faire un tour à Québec pour voir de quoi il en retourne dans cette école «guantanamesque»... Les honoraires seront connus plus tard...