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De la bière noire pour simuler un déversement de pétrole dans un cours d’eau

Des environnementalistes ont  utilisé de la bière noire dans une fontaine pour simuler les impacts d’un déversement de pétrole dans la rivière Matapédia.
Photo André Mathieu Des environnementalistes ont utilisé de la bière noire dans une fontaine pour simuler les impacts d’un déversement de pétrole dans la rivière Matapédia.

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Des environnementalistes ont déversé de la bière noire dans une fontaine du centre-ville d’Amqui jeudi après-midi afin d’attirer l’attention sur les difficultés de récupération et les impacts d’un déversement de produits pétroliers en période hivernale dans un cours d’eau. L’industrie pétrolière estime qu’on joue «sur la peur des gens».

«Ils voulaient faire une forme de sensibilisation. C’est jouer sur la peur des gens. Qu’on s’interroge sur la façon dont les stations-services du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie sont alimentées en essence. Ces choses-là se passent tous les jours de façon sécuritaire», souligne le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, prudent dans sa réaction.

«Ce n’est pas dans l’intérêt de personne de faire les choses d’une mauvaise manière», ajoute-t-il.

Cette action s’inscrit dans une lignée de contestation du projet de port pétrolier de Belledune, au Nouveau-Brunswick, pour exporter principalement le bitume des sables bitumineux de l’Alberta. Il vise à faire passer deux convois de 120 wagons par jour dans la vallée de la Matapédia. 

Environnement Vert Plus et le groupe Tache d’huile craignent les effets d’un déraillement sur la rivière Matapédia.

«Les produits des sables bitumineux de dissolvent avec leurs solvants dans l’eau, ce qui fait en sorte que ça s’agglutine au fond de l’eau. On pense à toute l’économie de la pêche au saumon. La rivière Matapédia ne serait plus un attrait touristique», analyse Dominic Lemire, administrateur d’Environnement Vert Plus.

«Ce serait un déversement qui ne serait pas contrôlé durant plusieurs mois», ajoute l’environnementaliste, faisant référence à la contamination sur plusieurs mois de la rivière Chaudière à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic en juillet 2013.

Pétrole récupérable

Un expert souligne qu’il est possible de récupérer ce pétrole. Toutefois, le directeur régional pour le Québec de la Société d’intervention maritime de l’Est du Canada, Pierre Samson, souligne que chaque cas est un cas d’espèce.

«Dans certains cas, la glace pourrait être un avantage parce qu’elle va retenir l’huile, réduira son déplacement et  sera utilisée comme un barrage, explique M. Samson. Les stratégies seront adaptées selon l’environnement et les endroits où se produit le déversement», dit-il.

Si l’accident se produisait sur la rivière Matapédia, «l’huile va aller sur le rivage ou contenue dans des baies ou des endroits où le courant sera plus faible, et sera récupérée à la satisfaction des autorités.»