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Formation de la main d’œuvre: des millions $ qui dorment

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Photo Archives / Agence QMI Françoise Bertrand.

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MONTRÉAL – Des surplus de plusieurs dizaines de millions de dollars dorment depuis 15 ans dans un fonds dont l’argent doit servir à la formation des travailleurs du Québec.

«C’est une des preuves que le système actuel ne fonctionne pas et qu’il doit être réformé», a souligné Julie Labrecque, présidente-directrice générale du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

La loi oblige depuis 1995 les entreprises québécoises avec une masse salariale d’un million de dollars et plus d’investir 1 % de cette somme en formation pour leurs employés. Celles qui ne le font pas doivent verser un montant équivalent dans un fonds supervisé par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, où les sommes s’accumulent depuis des années.

Le fonds a près de 62 millions $ de surplus accumulés. Mais le problème ne date pas d’hier. Déjà en 2000, on peinait à dépenser les revenus du fonds, dont les excédents ont atteint 73 millions $. Certaines années, ils ont grimpé à 96 millions $.

Réforme en vue

«C’est trop fastidieux au niveau bureaucratique pour des entreprises de justifier leurs dépenses en formation, alors certaines ne dépensent pas leur 1 %», a affirmé de son côté Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Le gouvernement est actuellement en train de faire une révision en profondeur du programme pour le moderniser et l’élargir, ce qui est vu d’un bon œil par les employeurs.

«Nous souhaitons notamment que les entreprises puissent l’utiliser pour financer des stages en entreprise et des bourses», a indiqué Julie White, attachée de presse du ministre de l’Emploi et la Solidarité sociale, François Blais.

Elle ne peut toutefois pas préciser combien d’argent cela représente. Du côté de la RCCJQ, on espère que cela aidera à faire fondre les surplus du fonds, tout en améliorant l’économie québécoise.

Optimiste

L’attachée de presse du ministre s’est montrée optimiste concernant la mise en place du programme Investissement compétence en 2012, dont un des objectifs est de faire baisser le fonds.

Julie White a souligné qu’il a diminué ces deux dernières années grâce à ce programme, qui offre notamment des subventions pour la formation des travailleurs, et le ministère espère que cela continuera.

Chaque année, les entreprises québécoises investissent 1.1 milliard $ dans la formation aux travailleurs en raison de la loi du 1 %.