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Le comportement d’un policier force l’abandon d’un procès

L’agent Séphane Laberge avait demandé 2000 $ à un automobiliste en échange de son silence

Stéphane Laberge.
Photo Roger Gagnon Stéphane Laberge.

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Maxime Larouche, à qui le policier de Saguenay Stéphane Laberge avait demandé 2000 $ pour ne pas témoigner contre lui dans un dossier d’ivresse au volant, a été totalement blanchi hier.

La procureure de la Couronne dans le dossier, Me Audrey Allard, a demandé le retrait des deux plaintes pour conduite en état d’ébriété qui avaient été déposées contre lui, alors qu’on en était seulement au troisième jour de procès.

Interrogée par la suite, Me Allard s’est contentée de répéter à plusieurs reprises la même déclaration, sans préciser davantage.

«Je n’étais pas, à ce stade-ci, moralement convaincue d’être en mesure de faire une preuve hors de tout doute raisonnable quant à la culpabilité de Maxime Larouche, compte tenu de l’ensemble de la cause.»

D’autres arguments en poche

De son côté, l’avocat de la défense, Me Charles Cantin, qui avait réclamé un arrêt des procédures après les révélations sur le comportement du policier Laberge, devait continuer à le contre-interroger.

Me Cantin avait aussi découvert que l’agent aurait fait disparaître des preuves dans une affaire de drogue et comptait en savoir plus. Il est cependant très content.

«J’avais encore beaucoup d’arguments supplémentaires à fournir et je ne vous cache pas que j’étais prêt. Il y avait là un territoire intéressant pour la défense, un terrain inespéré qui ne se produit que très rarement dans la carrière d’un criminaliste. J’ai demandé un arrêt de procédures en raison du comportement d’un policier, j’ai demandé le rapport disciplinaire et j’ai obtenu des informations très importantes. On a le résultat total.»

Son client était aussi très satisfait.

«C’est sûr que j’aurais pu m’en sortir autrement, a souligné Maxime Larouche, et j’étais un peu stressé, mais je suis bien content d’avoir la paix de cette affaire. C’était la première fois que j’avais affaire au tribunal et c’est la dernière. J’ai toujours marché droit et je vais continuer à le faire.»

En raison des procédures intentées contre lui, le jeune homme n’exclut cependant pas la possibilité de s’adresser au tribunal des petites créances pour forcer la Ville de Saguenay à lui rembourser une partie des frais d’honoraires de son avocat.