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Veut-on la mort de SNC-Lavalin?

SNCLAVALIN/
Photo Reuters

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Décidément, notre multinationale du génie-conseil SNC-Lavalin risque d’en arracher avec son image pendant encore plusieurs années.

Les accusations criminelles de fraude et de corruption d’agents étrangers que vient de porter la GRC contre la société elle-même la font de nouveau très mal paraître à l’échelle de la planète. La haute direction de Groupe SNC-Lavalin a beau affirmer que ces accusations criminelles sont sans fondement et qu’elle enregistrera un plaidoyer de non-culpabilité, convenons que le procès qui s’ensuivra la discréditera lors de ses prochaines soumissions en vue de mettre le grappin sur des gros contrats, tant publics que privés.

Nom vs corruption

D’ailleurs, il est à se demander si le Groupe SNC-Lavalin n’est pas condamné à changer de nom tellement son image en est ternie. Quand le nom d’une compagnie est trop souvent relié à des histoires de corruption, il est peut-être temps de changer sa «marque de commerce» et de repartir sous un autre nom. Bien entendu, cela n’efface pas votre passé, mais au moins on ne vous pénalise pas d’entrée de jeu.

Dans le cas de SNC-Lavalin, tous les employés qui ont fait l’objet d’accusations ces dernières années ont quitté la compagnie. La haute direction a été changée. La bonne gouvernance est revenue. Que veut-on faire subir de plus à la compagnie avec ses accusations criminelles de la GRC contre la «personne morale» qu’est l’entreprise?

On cherche quoi? On veut amener dans le box des témoins des membres du conseil d’administration de SNC-Lavalin, ce qui aurait automatiquement pour effet de les humilier en public? Chose certaine, ces accusations criminelles de la GRC fragilisent SNC-Lavalin. Que des anciens dirigeants de la compagnie soient accusés pour fraude et corruption... il va de soi que la justice doive suivre son cours. Mais attaquer «la» compagnie comme entité, cela m’apparaît vraiment malin comme procédé.

Démolition

 

Françoise Bertrand
Jocelyn Malette
Françoise Bertrand

J’entérine entièrement la position de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) face à ces accusations de la GRC. Il faut cesser de nous démolir collectivement et passer à une phase de reconstruction. «Le fleuron de notre économie que constitue le génie-conseil a déjà été suffisamment mis à mal au cours des dernières années. Notre processus judiciaire étant différent de celui des États-Unis, par exemple, cela nuit à la compétitivité de nos entreprises aux prises avec cette situation», précise Françoise Bertrand, la présidente de la FCCQ. SNC-Lavalin emploie 40 000 personnes à travers le monde, dont 5000 personnes à son siège social de Montréal.

Québec

Chose certaine, il est évident que le dépôt d’accusations criminelles contre la compagnie aura des conséquences potentiellement dramatiques. Souhaitons que cela n’entraîne pas son démantèlement ou sa vente à des intérêts étrangers.

Le principal actionnaire de SNC-Lavalin c’est la Caisse de dépôt et placement du Québec, avec 10 % des actions en circulation. Mais avec une si «faible» position dans le capital-actions de la multinationale, le Québec ne contrôle vraiment pas le sort de SNC-Lavalin.

Avis au gouvernement Couillard: le Québec n’a pas les moyens de perdre SNC-Lavalin!