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À 103 ans, Eva est prête «pour une couple d’années encore»

Une Baie-Comoise à l’œil allumé et au ton déterminé

Eva Duguay Beaudin célèbrera ses 103 ans, le 21 février. À la voir avec son regard allumé et son ton déterminé, c’est difficile à croire!
Photo Charlotte Paquet Eva Duguay Beaudin célèbrera ses 103 ans, le 21 février. À la voir avec son regard allumé et son ton déterminé, c’est difficile à croire!

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«Moi, je suis bien et je pense être bonne pour une couple d’années encore», lance avec aplomb Eva Duguay Beaudin, qui fêtera le 21 février, rien de moins que ses 103 ans.

À la voir regarder les gens avec l’œil allumé, le ton déterminé et le discours on ne peut plus à-propos, difficile de croire que la Baie-Comoise soit née en 1912. Droite comme un piquet, elle se déplace sans aide. La canne attendra bien quelques années encore!

La centenaire est parmi les doyennes de Baie-Comeau et des alentours, mais son âge plus que respectable, elle ne le fait pas. Eva Duguay Beaudin a pourtant connu les deux Grandes guerres mondiales, la crise de 1929, l’avènement du droit de vote des femmes et tout le reste.

Difficile de croire qu’à 98 ans, elle recevait encore chaque dimanche sa famille avec un bon repas et de succulentes pâtisseries. Difficile aussi de croire qu’à cet âge, elle gérait encore ses affaires personnelles et préparait elle-même ses dosettes de médicaments.

À l’approche de ses 99 ans, elle a emménagé dans une résidence avec services, mais ça ne l’empêche pas de faire son petit ménage et sa vaisselle.

Si on s’étonne de sa nature forte, Eva Duguay Beaudin répond avec les yeux rieurs: «Quand je suis venue au monde, je l’avais ça.»

Des moments difficiles

Ses souvenirs les plus douloureux sont liés à la mort de ses parents à un an d’intervalle alors qu’elle était toute jeune. Les trois enfants de la famille ont été placés dans des familles différentes. Elle ne reverra d’ailleurs son frère qu’une trentaine d’années plus tard.

La grande pauvreté de son enfance l’a aussi marquée, tout comme la perte de son époux et de cinq de ses 12 enfants au fil des ans.

Mais les moments de bonheur ont heureusement parsemé aussi sa longue route. «Avec mon mari, j’ai eu une belle vie», souligne-t-elle, en esquissant un sourire. Partenaire avec lui dans un magasin général ouvert à Baie-Trinité, mère de 12 enfants et logeuse pour des pensionnaires, Eva Duguay Beaudin apporte la preuve que le travail ne tue pas.

Pas de regret

Elle a beau avoir maintenant 103 ans, elle est loin de vivre dans le passé et le regret de ses années de jeunesse. «Je suis heureuse. Je prends la vie comme elle vient, même si elle est dure parfois», lance-t-elle en regardant d’un œil triste les photos de ses chers disparus au mur.

«Je mets tout entre les mains du Bon Dieu», conclut la centenaire, qui récite son chapelet quelques fois par jour.